Action Plan for the Democratic Republic of Congo 2008

10 December 2007

Depuis l’élaboration du dernier PAH à la fin de l’année 2006, des changements contextuels majeurs ont eu lieu en RDC.  Tout d’abord, des élections Présidentielles ainsi que des élections législatives à l’échelle nationale et provinciale se sont déroulées avec succès, et un Gouvernement nouvellement élu a été formé au début de l’année 2007.  Parallèlement à ces développements, et constituant un pré-requis essentiel à la tenue des élections, la majeure partie du pays a été pacifiée.  Dans la province du Katanga et dans le district de l’Ituri en Province Orientale, un grand nombre de milices ont été démobilisées, ce qui a conduit à un environnement sécuritaire plus stable d’une part, et d’autre part au retour de centaines de milliers de personnes s’étant déplacées pour fuir l’insécurité causée par ces milices.

Cependant, la RDC est un pays de contrastes.  Alors qu’un certain degré de normalité et de stabilisation a permis des avancées importantes dans le pays, les deux Kivu ont été entraînés, depuis le début de l’année 2007, dans une crise qui ne cesse de s’aggraver.  Au Nord Kivu, l’échec de l’intégration des anciens groupes d’opposition armés au sein de l’armée nationale a conduit à la résurgence d’activités militaires opposant divers groupes armés (groupes armés tutsis dirigés par l’ex-général des Forces Armées de la République Démocratique du Congo, Laurent Nkunda, groupes armés étrangers et milices rurales) les uns aux autres ainsi qu’à l’armée nationale.  Cette recrudescence de combats a provoqué le déplacement de 350,000 personnes dans la seule province du Nord Kivu depuis la fin 2006.  D’autre part, les Forces Armées de la République Démocratique du Congo ont augmenté leurs activités militaires au Sud Kivu dans le but de déloger un groupe de Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda responsable d’exactions envers la population ainsi que pour contraindre des groupes dissidents à désarmer ou à intégrer l’armée nationale.

Cette montée des violences, accompagnée de mouvements de populations majeurs et des violations importantes des droits humains dans les deux Kivu, a engendré de nombreux besoins humanitaires, alors que parallèlement les organisations humanitaires doivent faire face à une réduction de l’accès aux populations vulnérables. 

Par ailleurs, il est également nécessaire de prendre en compte les défis que constituent les implications humanitaires dues à des décennies de guerre et de mauvaise gestion à travers le pays.  Chaque année, 36,000 femmes meurent en couches en RDC, 20 enfants congolais sur 100 meurent avant l’âge de cinq ans à cause de maladies évitables, 16 enfants sur 100 sont malnutris, et 60% de la population totale est sous nourrie. 

La RDCa été et reste en proie à la crise humanitaire la plus mortelle au monde. 

Malgré cela, les acteurs humanitaires continuent à répondre et à relever les nombreux défis avec un certain succès.  En 2007, 80% des populations nouvellement déplacées et accessibles a reçu une assistance d’urgence en biens non alimentaires, nourriture, eau et aménagements sanitaires.  Au moins 163,300 déplacés retournés ont bénéficié d’une assistance similaire.  L’accès à l’eau potable a augmenté de 6% dans les provinces de l’Est et le nombre de victimes d’épidémie a été réduit de moitié.  Approximativement 31% des zones de santé du pays ont reçu une assistance humanitaire, dont bénéficient environ 25 millions de personnes, et 131 épidémies ont été circonscrites au cours de l’année.  En ce qui concerne l’éducation, environ 700,000 enfants déplacés et retournés ont bénéficiés d’assistance et de kits d’éducation pour la rentrée scolaire 2007.

Alors que le Gouvernement augmente sa capacité à répondre aux besoins de réhabilitation du pays, alors qu’il améliore l’accès pour la population aux services de base et alors que les partenariats avec les acteurs du développement sont renforcés, la priorité – pour les acteurs humanitaires - sera donnée aux situations que le Gouvernement ne pourrait résoudre seul.  Pour ce faire, le Plan d’Action a été conçu à partir d’indicateurs – ou seuils d’action – qui seront utilisés dans toutes les provinces pour déterminer l’urgence et la priorité des besoins.  Ces seuils d’action d’urgence, qui définissent la stratégie pour l’action humanitaire en 2008 sont les suivants:

  • Taux de mortalité maternelle supérieur à 1% et taux de mortalité infantile supérieur à 2%;
  • Taux de malnutrition supérieurs à 10% de malnutrition aiguë;
  • Fréquence importante des violences contre la population, en portant une attention particulière sur les civils en zone de conflit, les victimes des violences sexuelles, la population exposée aux risques des mines, et les violences contre les enfants;
  • Déplacements;
  • Retours.

La suite du document propose une analyse des besoins actuels et des zones prioritaires, fondée sur les informations collectées par les acteurs humanitaires et en accord avec les indicateurs mentionnés ci-dessus.  La « carte humanitaire » résultant de cet exercice est supportée par une série de données qui tentent d’estimer une planification opérationnelle.  Cette carte est suivie d’une appréciation des évolutions de la situation attendues pour l’année 2008.  La stratégie de réponse a été développée à partir des seuils d’actions d’urgence cités ci-dessus et ayant comme pré-requis une approche multisectorielle et holistique permettant d’atteindre les objectifs de réduction de la mortalité et de la malnutrition d’une part, et de mieux répondre aux besoins des victimes de violences et aux personnes déplacées et retournées.  Considérant le nombre important de zones qui dépassent les seuils d’action, un partage des responsabilités doit être mis en place entre les partenaires de développement et les acteurs humanitaires afin de prendre en compte toutes les vulnérabilités et de leur apporter la réponse la plus appropriée.  Dans cette optique, la collaboration et la concertation entre les deux types d’acteurs a été considéré comme une priorité pour l’année 2008.

Pour répondre aux priorités définies par le Plan d’Action pour l’année 2008,  US$[1]575,654,186 seront nécessaires. Comparé au budget de l’année 2007 cela représente une diminution d’environ 16% qui est principalement due à une identification plus pointue des besoins humanitaires à travers le pays mais également à un accroissement des financements des activités de transition et de développement.


[1]Tous les chiffres en dollars dans ce document sont exprimés en dollars américains.  Les fonds pour cet appel doivent être rapportés au Service du Suivi Financier (Financial Tracking Service [FTS], fts@reliefweb.int), qui publiera ses besoins ainsi que ses fonds sur la page du Processus des Appels Consolidés (Consolidated Appeals Process [CAP] 2008). 

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10 December 2007

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