Appel global pour la Côte d'Ivoire 2012

15 December 2011

Six mois après la crise post-électorale, la situation sécuritaire et socio-politique s’est progressivement améliorée dans la majeure partie de la Côte d’Ivoire, permettant le retour à leurs lieux d’origine de plusieurs centaines de milliers de personnes déplacées internes et réfugiées dans les pays de la région.

Des problèmes importants de sécurité (exactions et attaques armées contre des civils) persistent cependant, de même que des tensions communautaires particulièrement dans l’ouest et le sud-ouest du pays. La Côte d’Ivoire demeure un pays fragile en phase de récupération, fortement affecté par les séquelles des nombreuses crises qui l’ont touché depuis plus d’une décennie, la dernière en date ayant aggravé d’avantage la situation. Le processus de reconstruction,de consolidation de la paix et de réconciliation sera probablement fort long et difficile, car les défis auxquels sont confrontés le Gouvernement du Président Ouattara sont nombreux, notamment le rétablissement d’un environnement sécurisé sur l’ensemble du territoire et aux frontières, la restauration de l’Etat de droit et de la justice, la consolidation des services de l’Etat, la réconciliation et le renforcement de la cohésion sociale, la relance économique et la lutte contre la pauvreté.

Dans ce contexte de transition, l’assistance humanitaire aux populations les plus vulnérables demeure une priorité absolue, y compris la protection des civils, la restauration des moyens de subsistance, le retour volontaire et la réintégration des personnes déplacées internes et des réfugiés. En effet, plusieurs centaines de milliers de personnes se trouvent toujours dans une situation de vulnérabilité importante, principalement dans les régions ouest et sud-ouest, soit parce qu’elles sont toujours déplacées internes (plus de 186 000 selon les acteurs humanitaires), soit parce qu’elles n’ont pas recouvré leurs moyens de subsistance ou sont encore exposées à des exactions commises par des hommes armés. Des besoins importants persistent dans tous les domaines - protection, santé, accès à l’eau, abris, éducation, sécurité alimentaire, nutrition et relèvement précoce. De plus, selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés près de 182 000 Ivoiriens sont toujours réfugiés dans des pays de la région, dont plus 156 000 au Liberia (chiffres au 20 octobre 2011).

En 2012, l’action humanitaire se concentrera en priorité dans les régions plus problématiques de l’ouest et du sud-ouest, où des efforts conséquents devront encore être consentis. Des interventions dans des domaines tels que la sécurité alimentaire, la santé et la nutrition devront également être poursuivies dans d’autres régions au centre et au nord du pays.

Les partenaires humanitaires ont défini les objectifs stratégiques suivant :
 

  1. améliorer les conditions de vie et la protection des populations les plus affectées, y compris les personnes déplacées internes, les familles d’accueil, les communautés hôtes et autres personnes vulnérables en assurant l’accès aux services de base selon les standards SPHERE;
  2. faciliter les retours volontaires dans les zones sécurisées en identifiant et en soutenant des solutions durables;
  3. réduire le risque et atténuer les effets de possibles nouvelles crises.
     

Les objectifs définis au niveau sectoriel sont étroitement liés aux objectifs stratégiques. Un mécanisme renforcé de suivi sera mis en place pour mesurer, sur la base d’indicateurs quantifiables définis, les progrès réalisés vis-à-vis de ces objectifs et par extension la mise en œuvre de la stratégie humanitaire globale.

Les divers projets rechercheront une participation active des communautés et autorités locales concernées afin d’assurer la pérennisation des actions entreprises, de permettre un retrait progressif des acteurs humanitaires et de faciliter une bonne transition avec les programmes de développement. Dans ce même esprit, la coordination avec les autorités sera renforcée et le plan d’action humanitaire sera intégré au Plan national de développement du Gouvernement en cours d’élaboration.

Cette assistance humanitaire devra fort probablement continuer au-delà de 2012 dans certaines régions. Un retrait prématuré des acteurs humanitaires pourrait avoir pour conséquence une aggravation de la situation humanitaire, voire même être une cause indirecte de tensions. Il est donc essentiel que les ressources financières nécessaires soient disponibles pour mener à bien les diverses actions.

 

 

[1]Tous les montants dans ce document sont exprimés en dollars des Etats-Unis d’Amérique. Tout financement pour cet appel devrait être signalé au Service de Suivi Financier (Financial Tracking Service / FTS, fts@un.org). FTS donne les dernières mises à jour concernant projets, besoins financiers et contributions humanitaires.

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15 December 2011

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