Appel global pour le Niger 2012

20 December 2011

Le Niger a connu une crise alimentaire et nutritionnelle aiguë en 2010, suite à une campagne agro-pastorale 2009–2010 déficitaire. La mobilisation du gouvernement, appuyée par ses partenaires techniques et financiers, a permis d’apporter une réponse coordonnée à cette crise et d’éviter une catastrophe humanitaire.

Malgré les bons résultats de la campagne agro-pastorale 2010–2011, les enquêtes de vulnérabilité à l’insécurité alimentaire des ménages ont fait ressortir que plus de deux millions de personnes vivent en insécurité alimentaire chronique au Niger.

La campagne agro-pastorale 2011–2012 a été caractérisée par l’irrégularité et la mauvaise répartition des pluies, conjuguées aux attaques des ennemis de cultures (ravageurs et maladies). Le rapport d’évaluation préliminaire de la campagne agricole indique un bilan céréalier déficitaire de l’ordre de 519 639 tonnes. En croisant certains déterminants (vulnérabilité structurelle, déficit agricole et pastoral, concentration des migrants, taux de malnutrition, variation du prix du mil), 6 980 villages sont à risque d’insécurité alimentaire modérée ou sévère. La population totale de ces villages est estimée à 6 005 993, dont plus de 60% pourrait être exposée à une situation d’insécurité alimentaire sévère et modérée.

Dans le domaine pastoral, il a été noté une forte variabilité de la densité et de la croissance végétative des plantes fourragères d’une zone à une autre. Selon la Direction du Développement Pastoral, le bilan fourrager est globalement déficitaire dégageant un déficit théorique de 10 222 308 tonnes de matières sèches, ce qui équivaut à 50% des besoins en consommation du cheptel. Un tel scénario viendra aggraver la situation des éleveurs qui ont déjà enregistré de fortes mortalités à l’issue de la crise 2009–2010 (63% en moyenne chez les petits éleveurs).[1]

Le taux de prévalence de la malnutrition aiguë globale chez les filles et les garçons âgés de 6 à 59 mois a connu une amélioration en 2011 par rapport à 2010 puisqu’il est de 12.3% en juin 2011 (toujours au-dessus du seuil d’alerte selon les normes de l’Organisation Mondiale de la Santé). Néanmoins, il risquerait d’augmenter à nouveau en 2012 en raison d’une nouvelle campagne agro-pastorale déficitaire. Pour l’année 2012, le Cluster nutrition a estimé le nombre d’enfants de 6 à 59 mois qui devront être pris en charge pour malnutrition aiguë modérée et sévère à 689 000 et 331 000 respectivement.

Depuis janvier 2011, une importante épidémie de choléra s’est propagée en Afrique de l’Ouest et du Centre, avec plus de 85 000 cas dont plus de 2 500 décès. Le Niger est confronté quasiment chaque année à des flambées pendant la saison des pluies. Des cas sont fréquemment enregistrés dans certains districts sanitaires à haut risque tels que les régions du Fleuve à l’ouest (Dosso, Tillabéry et la Communauté urbaine de Niamey), les zones de la Maggia au centre-ouest (région de Tahoua), les zones du Goulbi à la frontière du Nigeria au centre-sud (région de Maradi), la région de Zinder le long des cours d’eau temporaires, et le lit du Lac Tchad à l’extrême-Est du pays (région de Diffa).

En raison des conflits armés en Côte d’Ivoire et surtout en Libye respectivement en 2010 et 2011, des milliers de migrants nigériens sont rentrés au pays. Ainsi, de février à septembre 2011, plus de 240 000 migrants sont rentrés dans des conditions difficiles et constituent un facteur d’aggravation de la vulnérabilité des communautés d’origine, déjà privées des transferts monétaires qui constituaient un mécanisme important de résilience pour faire face à leur vulnérabilité chronique et aux crises récurrentes.

Malgré les efforts consentis pour impulser une dynamique de développement au Niger, force est de constater qu’une partie importante de la population (en moyenne 3 à 3.5 millions de personnes) reste chaque année tributaire d’une assistance humanitaire.

L’Appel Global 2012 vise à assurer l’aide humanitaire et la réhabilitation pour plus de trois millions d’hommes, de femmes, de garçons et de filles en situation de vulnérabilité. Il accorde une dimension particulière au relèvement précoce comme secteur transversal et de transition entre l’urgence et le développement.

L'action humanitaire en 2012 continuera à se concentrer sur les besoins humanitaires d'urgence, en soutenant la réduction des risques, la préparation, la planification et la coordination de la réponse humanitaire aux crises et catastrophes, ainsi que le renforcement des capacités locales.

L’Appel Global 2012 couvre six secteurs ainsi que la coordination. Il intègre également le genre et le VIH/SIDA comme problématiques transversales dans les stratégies sectorielles et les fiches de projets.

Sur le plan financier, les besoins de l’Appel Global 2012 s’élèvent à US$229 150 372.[2] Rappelons que dans le cadre de l’Appel Global 2011, $96 002 992 ont été mobilisés en date du 15 novembre 2011, soit 44% du besoin total de $215 926 795 exprimé à la révision à mi-parcours.

 



[1]Evaluation rapide de l’impact de la crise pastorale 2009-2010 sur la décapitalisation du cheptel et sur lesmoyens de subsistance des populations pastorales et agro-pastorales du Niger, juin 2011.

[2]Tous les signes $ dans ce document font référenceà des dollars des Etats-Unis d’Amérique.  Tout financement pour cet appel devrait être signalé au Service de Suivi Financier (Financial Tracking Service / FTS, fts@un.org). FTS donne les dernières mises à jour concernant projets, besoins financiers et contributions humanitaires.

Document History

20 December 2011

Download the Document