Examen semestriel pour l'appel global pour la République Centrafricaine 2006

18 July 2006

La situation en République Centrafricaine (RCA) et dans les pays voisins constitue un défi majeur pour la communauté internationale.  L’instabilité qui prévaut dans la région (Tchad, République Démocratique du Congo (RDC), Darfur) a en effet d’importantes répercussions sur la RCA.

Au mois de novembre 2005, des groupes armés ont fait leur apparition dans le nord du pays, causant la fuite d’environ 60,000 personnes (dont environ 10,000 au Tchad), soit environ 10% de la population de l’Ouham et l’Ouham-Pendé, et la désertion de 120 villages. Ces évènements ont contrarié les évolutions positives que connaissait alors le pays : sortie de crise, rétablissement des institutions démocratiques, projets de développement en partenariat avec les institutions internationales. 

Aujourd’hui, les Centrafricains ont plus que jamais besoin de l’engagement immédiat et soutenu de la communauté internationale, notamment en matière humanitaire.  Le présent examen semestriel est consacré à ce domaine et permet de répondre aux besoins urgents de la population.

Actuellement, plus d’un million de vies sont menacées par des maladies, par la pénurie de nourriture et de biens de première nécessité ou par l’insécurité.  Les conditions de vie se dégradent : plus d’un enfant sur cinq n’atteint pas son cinquième anniversaire et la malnutrition a atteint des taux records début 2006 : 4% pour la malnutrition aiguë, particulièrement sévère chez les enfants de moins de cinq ans, et 30% pour  la malnutrition chronique.  Toutes les trente minutes, un enfant de moins d’un an meurt en raison de l’absence de vaccination, d’alimentation décente ou d’accès à l’eau potable.

Pour les six prochains mois, la réponse humanitaire continuera de se concentrer sur les trois priorités énoncées dans l’Appel  2006 (santé, alimentation, éducation) avec quelques éléments de révision : 

  • L’accroissement des besoins urgents dans ces trois secteurs.  En avril, plus de 50,000 personnes dans le Nord-Ouest du pays seraient mortes de faim en l’absence d’opérations de plusieurs agences des Nations Unies et ONGs, en particulier du Programme Alimentaire Mondial (PAM) et de Cooperazione Internationale (COOPI);
  • Une quatrième priorité s’est ajoutée: l’aide multisectorielle d’urgence aux 50,000 personnes déplacées au Nord du pays et aux 10,000 réfugiés soudanais à Mboki.  Une nouvelle stratégie inter-agences pour assurer l’assistance humanitaire et la protection de ces personnes sera mise en place.  Elle permettra d’alléger leurs souffrances et de limiter le nombre de nouveaux réfugiés;
  • Une attention particulière doit être accordée à la protection et au respect des droits humains, ainsi qu’au rétablissement de la sécurité;
  • La fourniture de biens essentiels aux plus vulnérables est indispensable.


Les requêtes initiales du CAP 2006, d’un montant de $46.8 millions, ont été pour le moment financées à hauteur de 29%.  Le présent examen semestriel a conduit à plusieurs révisions budgétaires prenant en compte l’évolution de la situation, l’analyse des indicateurs et des possibilités réelles de réponse ainsi que de l’insécurité qui rend l’accès à certaines zones plus difficile.  Les besoins révisés s’élèvent désormais  à $35.8 millions.  Grâce aux contributions reçues de huit bailleurs de fonds pour un montant de $13 millions, les besoins en financement des agences participant à ce CAP sont à présent d’un montant de $22.4 millions.  Les fonds reçus permettront de renforcer la présence des agences des Nations Unies et des ONGs dans certaines parties du pays pour mieux coordonner l’action humanitaire, répondre aux besoins urgents et faciliter la collecte et l’analyse de données pour appuyer les initiatives sur le moyen et le long terme.

En effet, une solution durable aux problèmes du pays nécessite une réponse basée sur une approche globale:

  • Le rétablissement de la sécurité est indispensable à l’amélioration de la situation humanitaire;
  • La crise humanitaire rend vaine toute tentative de développement du pays : sans fréquentation des écoles aujourd’hui, le pays ne disposera pas demain de ressources humaines qualifiées; 
  • Un développement durable du pays est indispensable à la création de conditions permettant d’éliminer l’instabilité politique et les menaces sécuritaires. 

 

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18 July 2006

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