Humanitarian Action Plan for the Democratic Republic of the Congo 2009

19 November 2008

Le Plan d’action humanitaire (PAH) est l’outil de planification stratégique de la communauté humanitaire en République Démocratique du Congo (RDC).  Il est aussi un cadre méthodologique de suivi et d’évaluation, un instrument de plaidoyer ainsi qu’une estimation des ressources financières requises.  Le PAH est développé par un processus participatif qui implique le Système des Nations Unies, les organisations non gouvernementales et les autorités congolaises nationales et provinciales.  En s’engageant dans son élaboration, ces acteurs s’engagent également à adhérer aux stratégies, approches et politiques que contient le PAH.  Le PAH 2009 définit « le où », « le quoi » et« le comment » de l’ensemble des actions humanitaires en faveur des bénéficiaires congolais pour 2009.

 Les besoins en RDC sont vastes.  Cependant, tout besoin en RDC n’est pas humanitaire, et la communauté humanitaire n’a ni les ressources financières ni les capacités pour répondre aux besoins qui sortent de son mandat.  Elle doit ainsi faire une distinction et éviter un chevauchement entre actions humanitaires et développement, et se fixer des priorités.  Le concept des seuils d’action humanitaire introduit dans le PAH 2008 a facilité l’identification, sur base d’indicateurs clé (malnutrition, mortalité/morbidité, protection), des zones de la RDC où la situation humanitaire avait franchi un seuil de crise.  Cette même approche, nommé le « Needs Assessment Framework » (NAF) est retenue pour 2009.

 Le NAF pour le PAH 2009, conduit par les Comité permanent inter- agences (CPIA) et les clusters dans les provinces, a été conduit en août et septembre 2008.  Ayant déjà utilisé cette approche l’année dernière, les partenaires l’ont trouvée moins laborieuse et ont pu améliorer la qualité des informations collectées.  Ainsi:

  • 1,350,000 personnes sont encore déplacées dans le Sud Kivu, le Nord Kivu et le nord de la Province Orientale ;
  • Environ 1,700,000 enfants souffrent de malnutrition aigüe en RDC, dont près de 1,000,000 de malnutrition sévère ;
  • 193 zones de santé sur 515 n’ont pas les capacités nécessaires pour répondre seules aux crises ;
  • La vétusté des infrastructures routières, fluviales, lacustres, et ferroviaires rend l’accès aux populations déplacées, retournées ou réfugiées difficile et onéreux. En outre, le manque de fiabilité du secteur du transport commercial entrave la qualité du service.

 Afin d’assurer une utilisation responsable et efficace des fonds humanitaires, et de maximiser l’impact des actions mises en places dans les zones identifiées dans le NAF, il a été convenu de se fixer des objectifs stratégiques transversaux, à la place d’objectifs sectoriels.  La réalisation d’un objectif stratégique se fait par les activités humanitaires complémentaires des différents clusters.  Les activités des partenaires ainsi qu’un certain nombre d’indicateurs d’impact communs sont suivis et évalués.  Une bonne coordination inter-Clusters est donc impérative.  Les cadres logiques, qui se trouvent plus loin dans ce document, reprennent les objectifs stratégiques, les activités et les indicateurs, et forment la base de la stratégie humanitaire commune.

 Comme pour l’année dernière, les cadres logiques et les résultats du NAF ont guidé les partenaires sur le terrain dans la préparation des stratégies provinciales.  Tenant compte du scénario le plus probable, les CPIA et les clusters allient les activités humanitaires aux zones identifiées dans le NAF et font des estimations budgétaires. 

 Les stratégies provinciales 2009 font état de tendances préoccupantes. Malgré plusieurs développements positifs sur les plans politique et militaire en 2007 et début 2008, notamment le processus de paix dans les Kivus, la reprise des combats dans le Nord Kivu, l’Ituri et le Nord de la Province Orientale et de nouveaux signes de coordination entre les groupes armés sont inquiétants.  La communauté humanitaire se prépare pour une réponse d’urgence aux besoins de base (nourriture, biens non alimentaire et abris, santé, protection) d’environ 300,000 nouveaux déplacés en raison des conflits armés en 2009.  Les acteurs humanitaires vont également continuer à répondre aux besoins des 1,350,000 personnes restant déplacées.

 L’ensemble du territoire de la RDC, y compris les zones de conflit, est affecté par l’état délabré des infrastructures, par la faiblesse des services étatiques de base, et par la lenteur de la mise en œuvre des activités microéconomiques de développement.  Bien que l’ouest du pays demeure dans une situation de paix relative, les populations sont victimes de malnutrition aigüe, d’épidémies, de violences et de violations graves des droits humains.  Les acteurs humanitaires apporteront une aide d’urgence dans ces zones quand un ou plusieurs des seuils d’action sont franchis, se concentrant principalement sur la santé, la protection et l’aide alimentaire et non alimentaire.

 Les acteurs humanitaires agissent en RDC depuis le début des années 1990.  Jusqu’en 2006, leurs actions étaient limitées aux zones de conflit dans l’est du pays. Depuis 2006, la communauté humanitaire a commencé à élargir sa zone d’opération, ayantrelevé des indicateurs alarmants en dehors de l’est.  Après la définition des seuils d’action en 2007, et la présentation du NAF pour le PAH 2008, tous les partenaires, y compris les bailleurs de fonds, étaient convaincus de la nécessité d’une action humanitaire en dehors de l’est du pays.  Mais la question de la pérennisation de cette aide se pose.  Après l’analyse de l’impact des actions menées depuis 2006, les acteurs constatent que:

1. L’action humanitaire est efficace quand il s’agit d’apporter une réponse d’urgence à des besoins de base au début d’une crise.  Par contre, elle est peu adaptée lors de la prolongation de la crise, surtout quand les bénéficiaires sont des personnes déplacées qui se trouvent au sein d’une communauté d’accueil ou dans des sites isolés.  Les acteurs humanitaires ont constaté un besoin croissant de:

a) Renforcer les  mécanismes d’adaptation traditionnels des populations congolaises, notamment la prise en charge des personnes déplacées par des communautés d’accueil ;

b) Limiter la dépendance à l’aide humanitaire et favoriser les solutions durables en donnant aux bénéficiaires les moyens de se prendre progressivement en charge.

 

2. Les populations congolaises qui ont vécu des crises se trouvent dans un cercle vicieux.  L’aide humanitaire qui leur a été apportée suffit pour les faire sortir de la crise, mais ni l’aide humanitaire, ni l’aide au développement ne s’attaquent aux causes profondes de ces crises (conflits, épidémies, malnutrition, insécurité alimentaire chronique et violence).  Il existe donc de fortes chances pour que ces populations retombent dans une crise dans un proche avenir.  Pour faire face à cette situation, et pour à terme réduire l’aide humanitaire en RDC, les acteurs souhaitent:

a) Renforcer les capacités des communautés affectées à faire face à des nouvelles crises, par des actions au-delà de l’aide d’urgence ;

b) Mettre en place, en collaboration avec les acteurs du développement, un mécanisme d’alerte précoce qui facilite l’identification de communautés susceptibles d’être touchées par des crises humanitaires, et une aide humanitaire ou de développement pour les prévenir ;

c) Faire un plaidoyer auprès du Gouvernement congolais et les acteurs du développement pour une réorientation des programmes de développement micro-économiques vers les zones de crises, qui empêchent le développement durable.

 Tenant compte de cela, le PAH 2009 a intégré deux nouveaux objectifs stratégiques.  Le premier est la restauration des moyens de subsistance des populations et communautés en situation de crise, principalement par des activités liées à la sécurité alimentaire, qui permettent aux victimes de se prendre en charge.  Le deuxième est le relèvement communautaire à court terme, comprenant une stratégie multisectorielle d’actions post ou pré crises, en complément des programmes de développement microéconomique.  Sans résultats par rapport à ces objectifs, les acteurs humanitaires devront rester indéfiniment en RDC.

 Depuis 2007, le PAH ne contient plus de fiches de projet.  Compte tenu de l’envergure de l’opération humanitaire en RDC, et de la manière dont les besoins évoluent, la communauté humanitaire a préféré formuler les budgets du PAH sur la base du coût estimé des activités prévues.  Ces estimations tiennent compte du coût par bénéficiaire, des différences de coûts entre provinces, et des partenaires de mise en œuvre.

 Le budget global du PAH 2009 s’élève à US$[1]831 millions, ce qui représente une augmentation de 11% par rapport à la révision budgétaire du PAH 2008.  Les besoins financiers sont:

  • Réponse d’urgence aux crises: $474 millions– Activités qui doivent être mises en place pour faire face aux besoins immédiats des victimes de crises dans le cadre des objectifs stratégiques 1-3 (voir section 3.8) ;
  • Réduire les conséquences des crises: $284 millions – Activités essentielles pour une diminution des besoins humanitaires, dans le cadre des objectifs stratégiques 4-5 ;
  • Services d’appui et de coordination: $72 millions– Activités qui facilitent et soutiennent la mise en œuvre de l’opération humanitaire.

En 2009, le Fond Commun (Pooled Fund) de la RDC restera une source importante de financement des activités humanitaires en RDC, mais il est loin d’être la seule.  Les financements bilatéraux représentent toujours la majorité des fonds reçus dans le cadre du PAH.  La RDC bénéficiera vraisemblablement, comme dans les années précédentes, de financements du Fonds central d’action d’urgence (CERF) dans le cadre de l’enveloppe pour les opérations sous financées.  Des efforts de sensibilisation sont envisagés en 2009 auprès des bailleurs de fonds pouvant s’intéresser aux activités hors du cadre de l’urgence, notamment celles de relèvement communautaire.

L’amélioration du suivi et de l’évaluation du PAH, et surtout l’impact de l’assistance humanitaire en RDC, est une des priorités de la communauté humanitaire en 2009.  Les principaux éléments du plan de suivi et l’évaluation sont les suivants:

  1. Suivi des financements par objectif stratégique, par cluster, et par province ;
  2. Suivi périodique des indicateurs d’activités ;
  3. Bilan à mi-parcours des NAF, des résultats par objectif stratégique (NAF) et des financements.

La fiche de projet Fond Commun/CERF, qui est adaptée à la stratégie humanitaire commune, facilite la collecte de données opérationnelles et financières sur les projets et permettra de les lier directement aux objectifs stratégiques du PAH 2009.  Les projets financés en bilatéral, pour lesquels le Coordonnateur Humanitaire et OCHA ne reçoivent que peu d’informations, représentent un défi.  Pour résoudre ce problème en 2009, OCHA, avec le soutien des bailleurs présents à Kinshasa, va mettre en place une fiche de projet bilatéral.  Chaque bailleur de fonds devra exiger que ses partenaires bilatéraux remplissent cette fiche et la soumette à OCHA.  De ce fait, tout financement humanitaire en RDC pourra être lié au PAH, et il n’existera plus de financements en dehors du PAH


[1]Tous les montants dans ce document sont exprimés en dollars des Etats-Unis d’Amérique.  Vous trouverez des informations mises à jour concernant projets, besoins financiers et contributions sur le site du Service du Suivi Financier (Financial Tracking Service [FTS]): http://reliefweb.int/fts

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19 November 2008

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