Humanitarian Action Plan for the Democratic Republic of the Congo 2011

30 November 2010
Mid-Year Review: 14 July 2010

Durée: 2010 à 2011
Bénéficiaires ciblés: 7 500 000 personnes 
Financement requis par bénéficiaire: environ $94,9
Financement total requis: $719 289 671 

La République démocratique du Congo continue à être confrontée à une crise humanitaire de très grande ampleur, bien que la grande majorité du territoire demeure stable et que les relations avec les pays voisins aient pu être consolidées en 2010.

Cette crise est principalement la conséquence de conflits armés et de violences armées qui perdurent dans l’est et le nord-est du pays. Ces conflits sont causés en particulier par des luttes pour le contrôle des ressources naturelles et l’accès à la terre, par des tensions ethniques et par l’activisme de groupes armés congolais et étrangers (FDRL, LRA, groupes maï maï, AFD/NALU), dans un contexte caractérisé par une pauvreté généralisée et une trop faible présence des institutions de l’Etat. Les exactions graves commises par les parties belligérantes sur les populations civiles, tels que viols, meurtres, recrutements forcés et pillages, demeurent la cause principale des déplacements de population et de la crise humanitaire liée à ces déplacements. Des centaines de milliers de civils ont fui ces exactions en 2010.

L’année 2010 a également été marquée par des violences inter-communautaires qui ont éclaté en province de l’Equateur en octobre 2009, provoquant la fuite de près de 200 000 personnes. Bien que la situation se soit stabilisée depuis, très peu de mouvements de retour ont été observés à ce jour.

A la fin octobre 2010, plus d’ 1,7 million de personnes était des déplacés internes, la majorité d’entre eux ayant peu d’espoir de retour dans leurs villages d’origine dans un avenir proche. A ces personnes s’ajoutent près de 430 000 réfugiés congolais dans des pays voisins.

Les besoins humanitaires demeurent également très importants dans les autres provinces où l’on a relevé des taux élevés de malnutrition, d’insécurité alimentaire, et de mortalité maternelle et infantile. Les causes en sont avant tout le faible niveau de développement, l’enclavement et la précarité des infrastructures, les épidémies et les catastrophes naturelles. Par ailleurs, les conséquences humanitaires liées aux expulsions par l’Angola de citoyens congolais sont une préoccupation majeure dans les provinces limitrophes.

En 2010, les acteurs humanitaires ont répondu aux besoins les plus urgents et ont porté assistance à des millions de personnes. Ils ont fourni par exemple des abris d’urgence (bâches notamment) à 685 000 personnes, ont permis à 2,2 millions de personnes d’avoir accès à l’eau potable et ont distribué des articles non alimentaires à 1,25 million de personnes. Un total de 121 zones de santé sur les 515 que compte le pays ont été revitalisées, tandis que des médicaments essentiels, du matériel et des équipements ont été distribués dans 138 zones de santé ayant connu une fonctionnalité faible.

L’action humanitaire a été confrontée à des défis importants, en particulier concernant l’accès aux populations vulnérables dans des zones très enclavées – ce qui a augmenté les coûts logistiques des opérations. Dans les régions en proie à la violence, les conditions de sécurité précaires affectant les partenaires humanitaires ont réduit les opérations d’assistance. Le bas niveau de financement a constitué un frein supplémentaire, le PAH 2010 n’étant financé qu’à hauteur de 59 % au 15 novembre 2010.

La communauté humanitaire a développé ce Plan d’action humanitaire pour 2011 sur la base d’un scenario prévoyant la poursuite de la violence armée et de l’insécurité dans l’est et le nord-est de la RDC - du fait de la présence de groupes armés étrangers et locaux, et de la persistance des besoins humanitaires déjà identifiés dans les différentes provinces. Les élections qui débuteront en 2011 constituent une inconnue pour l’année à venir. Elles constituent une opportunité pour la consolidation des efforts de paix et de stabilisation, mais pourraient catalyser des frustrations liées à l’extrême pauvreté de la majorité de la population et exacerber des tensions liées à l’accès aux ressources et à la terre.

Prenant en compte les priorités humanitaires, ainsi que les actions du Gouvernement et de la communauté internationale dans les domaines de la stabilisation, consolidation de la paix et du développement, le PAH 2011 fait le choix d’une approche différenciée, basée sur les vulnérabilités et les problématiques spécifiques à chaque province. Ces problématiques ont des points communs, mais permettent de définir une approche affinée par zones, entre d’une part celles affectées par les conflits armés, et d’autre part celles plus stables mais sujettes à des crises humanitaires chroniques ou soudaines.

Sur la base d’une coordination renforcée avec les services gouvernementaux concernés, ainsi qu’avec les acteurs nationaux et internationaux de stabilisation et de développement, l’action humanitaire devra non seulement répondre aux besoins des plus vulnérables, mais aussi contribuer au renforcement des capacités nationales en matière de gestion humanitaire.

L’action humanitaire en RDC sera basée sur des facteurs déclencheurs liés au franchissement de seuils d’intervention (dans le cadre de l’analyse des besoins / NAFs), et sur l’apparition de facteurs soudains identifiables grâce à l’introduction d’un cadre d’analyse des risques, étant donné la volatilité de la situation en RDC.

Ces axes de travail devraient permettre une meilleure priorisation des activités humanitaires dans le cadre de quatre objectifs stratégiques pour ce PAH 2011 : (1) renforcer la protection de la population civile vulnérable dans les zones d'intervention humanitaires; (2) réduire la morbidité et la mortalité au sein des populations cible; (3) améliorer les conditions de vie des personnes déplacées, retournées, rapatriées, réfugiées, et de leurs communautés d'accueils affectées et (4) restaurer les moyens de subsistance des communautés affectées, sur la base de critères de vulnérabilité.

Du fait de la persistance de violations graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire, en particulier dans les zones affectées par des confits armés et la violence armée, la protection des civils sera au cœur du PAH 2011. Elle sera intégrée à l’ensemble des stratégies d’intervention des groupes sectoriels, de façon transversale, et elle renforcera de manière complémentaire les actions dans ce domaine de la MONUSCO, des autres partenaires et des autorités gouvernementales.

Une attention particulière sera également accordée au relèvement précoce qui devra être intégré aux  stratégies d’intervention des groupes sectoriels. L’analyse, lors de la revue à mi-parcours du PAH 2010, avait en effet démontré la nécessité d’introduire systématiquement des éléments de relèvement précoce lors de la planification et de la mise en œuvre de l’assistance. Ceci devrait permettre une prise en compte plus adéquate des besoins des communautés et une meilleure participation de ces dernières. De même, dès que possible, des critères de sortie tenant compte des capacités locales devront être définis.
 
Les efforts d’inclusion des thématiques transversales telles que le genre, le VIH/SIDA et l’environnement devront être consolidés dans l’ensemble des secteurs d’intervention.

Un accent important sera mis sur le suivi et l’évaluation des divers projets afin de mieux en mesurer l’impact, et si nécessaire adapter les stratégies d’intervention. Ces actions devront être soutenues par une analyse régulière de la situation et le renforcement de la coordination des groupes sectoriels, dont le rôle de surveillance de la qualité de la réponse humanitaire est prépondérant.

Au total, le Plan d’action humanitaire 2011 pour la RDC requiert $719 289 671 pour répondre aux besoins urgents de 7,5 millions de personnes. Les estimations budgétaires ont été faites sur la base des besoins humanitaires identifiés, ainsi que des capacités que les partenaires humanitaires estiment pouvoir mobiliser pour répondre à ces besoins, et en considérant également l’apport d’autres acteurs sur le terrain.

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30 November 2010
Mid-Year Review: 14 July 2010

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