Mid-Year Review of the Action Plan for the Democratic Republic of Congo 2008

15 July 2008

Depuis l’élaboration du Plan d’Action Humanitaire (PAH) à la fin de l’année 2007, un certain nombre d’événements ont influencé le contexte humanitaire en RDC.  Si la situation est restée globalement stable au cours des six derniers mois, la province du Bas Congo a été le théâtre d’affrontements entre les membres du « Bundu Dia Congo » et les autorités congolaises, et l’est du pays est toujours en proie à des affrontements opposant divers groupes armés.

La signature des “Actes d’engagement” de Goma, la mise en application du cessez-le-feu en découlant et la présence accrue des Casques Bleus de la Mission de l’ONU en République Démocratique du Congo (MONUC) ont permis une baisse de la fréquence et de l’intensité des confrontations armées au Nord-Kivu depuis janvier 2008. Cette amélioration sécuritaire a considérablement favorisé l’accès des humanitaires aux populations vulnérables[1].  Ainsi, certaines populations déplacées restées sans assistance depuis décembre 2007 ont enfin pu être assistées.  L’ouverture de nouveaux axes a par ailleurs facilité l’enregistrement de populations nouvellement accessibles, faisant augmenter les chiffres vérifiés des personnes déplacées au Nord-Kivu.

De nouveaux déplacements, moins nombreux qu’à fin 2007, ont été enregistrés au cours des premiers mois de 2008, malgré la signature des Actes d’engagement. Un nombre alarmant d’exactions (violences sexuelles, pillages, recrutement et travail forcés) et la persistance d’escarmouches amènent la population à fuir leurs foyers.

Le déploiement non-offensif des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) dans des zones contrôlées par les Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR), dans le contexte du Communiqué de Nairobi, potentialise le risque de nouveaux déplacements dans certains territoires des provinces du Nord et Sud-Kivu. Des pistes sont envisagées, en collaboration avec la MONUC, pour permettre d’en limiter les implications humanitaires.

Parallèlement aux déplacements au Nord-Kivu, un mouvement de retour a été enregistré dans les provinces du Katanga (où la Commission de Mouvement de Population a été dissoute car seuls quelques cas de déplacement résiduels persistent) et le district de l’Ituri (plus d’un million de retournés depuis octobre 2005).

A l’instar d’autres pays dans le monde, la République Démocratique du Congo a été touchée par la hausse des prix des denrées alimentaires. En dépit de son potentiel agricole, le pays est dépendant des importations, notamment en céréales. Depuis le début de l’année, le prix du carburant a été revu à la hausse à deux reprises, influant sur le prix du transport des biens et des personnes.  Dans l’est du pays, la situation est particulièrement préoccupante et risque de se détériorer davantage dans les prochains mois.  Plusieurs milliers de personnes déplacées et des familles vulnérables vont être directement affectées, et les conséquences d’une pénurie alimentaire pourraient se matérialiser sous forme de revente de biens non-alimentaires pour se procurer de la nourriture, de manifestations, ou encore d’actes hostiles envers les acteurs humanitaires. 

A l’échelle nationale, l’inquiétude porte principalement sur les habitants des milieux urbains et périurbains, qui dépendent des importations des vivres pour leur alimentation. L’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) estime que plus de 70% des ménages congolais vivent en insécurité alimentaire[2]. Les conséquences de la hausse des prix pourraient donc être dramatiques si des mesures appropriées ne sont pas prises.

L’évolution du contexte en RDC et les conclusions tirées des enquêtes[3]publiées au cours de ces derniers mois ne remettent pas en cause les orientations stratégiques identifiées dans le PAH 2008, mais un certain nombre d’ajustements sont à prévoir. Le premier de ces ajustements concerne le renforcement de la sécurité alimentaire, afin de minimiser les impacts de la crise liée à la hausse globale des prix des denrées alimentaires. L’un des défis auxquels la communauté humanitaire devra s’atteler sera de définir les modalités d’une potentielle assistance urbaine.  Le second ajustement concerne la prise en charge des populations déplacées au sein des communautés d’accueil, et plus spécifiquement un possible renforcement de l’assistance directe et individuelle aux familles d’accueil dans le but de réduire leur vulnérabilité croissante.  Enfin, l’approche concertée de la communauté humanitaire vis-à-vis des violences sexuelles est en cours de révision.

Au vu de l’ampleur des besoins basiques de la population congolaise, dans un pays grand comme l’Europe occidentale, et au vu des ressources disponibles limitées, un processus de priorisation des besoins était requis pour mieux délimiter et déterminer l’action humanitaire pour 2008.

Grâce aux connaissances collectives de la communauté humanitaire en termes de besoins et de lacunes à travers le pays, cinq seuils d’intervention avaient été identifiés dans le PAH 2008.  Ilsrestent inchangés.

Au début de juin 2008, le PAH avait reçu US$[4]289 973 135 de la part des bailleurs gouvernementaux et privés (dont $143 395 938 acheminés à travers le Pooled Fund et le CERF). Ce montant représente 39% du total des besoins de financement estimés lors de l’élaboration du PAH 2008.  Au vu de l’évolution des besoins humanitaires identifiés lors de cette révision à mi-parcours, les budgets sectoriels ont été révisés, et le montant total des besoins financiers s’élève à $736 511 778. Les contributions reçues à ce jour représentent 25% de ce montant.


[1]Se référer à la carte de l’accès au Nord-Kivu disponible sur www.rdc-humanitaire.com

[2]FAO, Situation alimentaire en RDC, atelier de planification

[3]International Rescue Committee, “Mortality in the Democratic Republic of Congo: An Ongoing Crisis”,  http://www.theirc.org/resources/2007/2006-7_congomortalitysurvey.pdf;

[4]Tous les chiffres en dollars dans ce document sont exprimés en dollars américains.  Les fonds pour cet appel doivent être rapportés au Service du Suivi Financier (Financial Tracking Service [FTS], fts@reliefweb.int), qui publiera ses besoins ainsi que ses fonds sur la page du Processus des Appels Consolidés (Consolidated Appeals Process [CAP] 2008). 

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15 July 2008

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