Mid-Year Review of the Consolidated Appeal for Chad 2008

15 July 2008

Enclavé et situé entre la région du Darfour au Soudan, la République centrafricaine et le désert du Sahara, le Tchad abrite une population de plus d’un demi million d’habitants qui dépendent principalement de l’aide humanitaire pour leur survie. Eu égard au climat d’incertitude politique actuel, le deuxième semestre de l’année 2008 sera décisif quant à l’amélioration ou l’aggravation de la situation du pays en termes de sécurité et de stabilité. La stabilité est une condition essentielle pour le gouvernement et les travailleurs humanitaires dans la mesure où elle leur permet non seulement de continuer à fournir une assistance d’urgence aux nécessiteux, mais également de renverser progressivement la tendance d’une crise humanitaire incessante – crise qui pourrait tourner à la catastrophe en cas d’interruption des interventions d’assistance pour une raison quelconque.

Les événements de février dernier, qui ont vu des groupes armés de l’opposition atteindre la capitale N’Djamena dans une tentative de coup d’Etat, sont un mauvais présage. La réussite ou l’échec de la consolidation démocratique et du redressement économique au Tchad - classé aujourd’hui 170ème parmi 177 pays selon l’indice de développement humain du PNUD (derrière la RD du Congo et bien loin derrière le Soudan) auront des conséquences importantes pour la paix dans cette région qui est actuellement l’une des plus fragiles du monde. Les acteurs humanitaires espèrent que le Tchad, le Darfour et la République centrafricaine parviendront progressivement à mettre fin à une crise sociopolitique persistante et inextricable aux graves conséquences humanitaires. En revanche, certains observateurs craignent que cette crise ne s’aggrave, causant ainsi davantage de morts et de souffrances chez les civils.

Pendant que la communauté internationale suit de près l’évolution politique, les situations d’urgence montrent quelques signes de recul. Grâce à l’aide humanitaire, un demi million de personnes peuvent survivre et, dans la mesure du possible, vivre dans la dignité. En vue d’une relance potentielle, des progrès ont été accomplis dans la promotion des moyens de subsistance et la baisse de la dépendance à l’aide alimentaire, l’amélioration de l’accès à l’eau potable et aux soins de santé, et le respect des droits de l’homme pour les groupes les plus vulnérables. Toutefois, au cours du premier semestre 2008, en raison de la reprise des hostilités au sein du pays et des développements au Darfour et en RCA, les besoins se sont accrus.

Les populations affectées ont besoin de nourriture, d’eau et de soins de santé. La protection constitue également une préoccupation, étant donné que ces populations sont souvent la cible d’attaques armées dont la plupart demeurent impunies. L’éducation (faiblement financée en 2007) est une priorité majeure, essentielle non seulement pour améliorer le bien-être psychosocial des enfants et des familles, mais aussi pour nourrir des espoirs de développement pour l’avenir - si les enfants sont déscolarisés aujourd’hui, ils ne pourront pas contribuer au développement de leur communauté dans l’avenir. 

Cette crise est née d’un mélange détonant de troubles politiques, d’insécurité et de problèmes économiques structurels. Si les acteurs humanitaires ne peuvent résoudre ces causes profondes, ils peuvent tout au moins œuvrer à l’allègement des souffrances de centaines de milliers d’enfants, de femmes et d’hommes qui se trouvent ainsi pris entre deux feux. Par la même occasion, leur action vise à renforcer les capacités locales pour la gestion des besoins, en vue d’un éventuel redressement.

Cependant, le travail humanitaire au Tchad devient de plus en plus dangereux. L’accès à certaines zones est limité. Une présence internationale au Tchad, créée par la résolution 1778 du Conseil de Sécurité des Nations Unies et qui comprend une composante militaire, attend toujours d’être totalement opérationnelle. Les six prochains mois vont déterminer si ceci pourra réellement aboutir à l’élargissement du champ d’action de l’aide humanitaire.

L’Appel, qui à l’origine nécessitait 288 millions de dollars EU[1]en exige 306 aujourd’hui. A la date du 25 juin, 44% seulement de cette somme (136 millions de dollars) ont pu être mobilisés[2], et 170 millions de dollars restent à fournir. Soutenir cet Appel est un devoir collectif de la communauté internationale par rapport à l’impératif humanitaire en même temps qu’une démarche essentielle visant à prévenir une instabilité ultérieure dans une région du monde déjà fragilisée. Les propos de John Holmes, Secrétaire général adjoint des Nations Unies pour les Affaires humanitaires l’illustrent à suffisance : « si les tendances de financement ne s’améliorent pas de manière significative au cours des prochains mois, ceci pourrait avoir de graves conséquences pour près d’un demi million de personnes dont la survie dépend largement de l’aide humanitaire ».


[1]Tous les dollars mentionnés dans ce document renvoient aux dollars américains. Le financement de cet Appel se réfère au Financial Tracking Service (FTS, fts@reliefweb.int)

[2]Ceci inclut les contributions du CERF, l’allocation de fonds non mobilisés par les Nations Unies et les reports (49 millions de $, soit 36% du financement) 

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15 July 2008

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