Plan d'Action Humanitaire pour la République Démocratique du Congo 2013

11 December 2012

RESUME

La République Démocratique du Congo subit depuis plus de 10 ans, une crise humanitaire continue, complexe et multifactorielle. Le Plan d’Action Humanitaire 2012 prévoyait un maintien global des besoins humanitaires au même niveau que l’année précédente, mais une augmentation sérieuse des violences armées à l’est du pays a entraîné une aggravation des incidents de protection, d’importants mouvements de population et une hausse des besoins humanitaires.

Le contexte humanitaire en RDC connaît huit facteurs de crise principaux: 

1) Un haut niveau de violence armée dans certaines régions.

2) Un grand nombre de déplacés et de réfugiés.

3) Des épidémies humaines, épizooties et phytopathologies.

4) Un contexte général de pauvreté et de précarité dans l’ensemble du pays.

5) Des conflits locaux liés à l’accès aux ressources naturelles (terre, pêche, chasse, mines), au pouvoir politique ou traditionnel, et aux conflits ethniques.

6) Une instabilité politique au niveau local dans certaines régions.

7) Des catastrophes naturelles.

8) Au sud, de fréquentes opérations d’expulsions de Congolais de l’Angola.  

Le scénario probable en 2013 est celui de la continuation sans amélioration des différentes crises, avec une aggravation des violences à l’est, et de leurs conséquences humanitaires. L’action du gouvernement de la RDC, appuyée par l’aide internationale, devrait amener un changement dans les causes profondes et structurelles des crises, mais il serait prématuré d’en espérer des effets en 2013 en termes de diminution des besoins humanitaires. Conséquences des facteurs de crises identifiés, les besoins humanitaires des populations se groupent en quatre catégories, auxquelles correspondent les quatre objectifs stratégiques de la communauté humanitaire: 

1) Renforcer la protection de la population civile dans les zones affectées par les crises.

A l’est, les populations civiles des zones affectées par les conflits armés sont victimes de pillages, recrutement forcé, traitements inhumains ou dégradants, violences sexuelles et meurtres. L’armée congolaise censée protéger la population, est responsable d’une part importante de ces exactions.

2) Réduire la morbidité et la mortalité au sein des populations affectées par les crises.

Conditions sanitaires déplorables, manque d’accès à l’eau, services de santé très faibles, insécurité alimentaire croissante, malnutrition dramatiquement élevée sur l’ensemble du pays, continuation des épidémies de rougeole, choléra et paludisme: les taux de mortalité (infantile, maternelle, générale) sont très élevés dans le pays, et plus particulièrement dans les zones affectées par des crises.

3) Améliorer les conditions de vie, réduire la vulnérabilité, et préserver la dignité des personnes et communautés affectées par les crises.

Les 2.6 millions de personnes déplacées (estimées pour 2013) et les communautés qui les accueillent ont besoin d’eau, de services de santé, de nourriture, d’articles ménagers essentiels et d’éducation, et ceci à travers une assistance visant à leur rendre leur dignité et une certaine autonomie de gestion de la crise qu’elles traversent.

4) Restaurer les moyens de subsistance et renforcer la résilience des communautés affectées par les crises, et faciliter le retour et la réintégration durable des populations déplacées et réfugiées.

Sans pouvoir s’attaquer aux causes profondes des crises, l’action humanitaire essaie tant que possible de compléter l’aide immédiate par des effets plus durables: renforcer la résilience des populations, favoriser le relèvement précoce, restaurer des conditions de vie normales. La stratégie humanitaire prévoit une approche différenciée entre les zones affectées par des conflits armés, et les zones hors conflit, mais sujettes à des crises chroniques ou soudaines. Une logique claire de ciblage, partagée par tous les acteurs, permet de distinguer la population affectée par une crise, et la population ciblée par l’aide humanitaire. Une logique de priorisation permet de déterminer les cibles prioritaires en cas de ressources insuffisantes. Ciblage et priorisation ne se basent pas sur le statut des personnes (réfugié, déplacé), mais plutôt sur leurs besoins effectifs et leur vulnérabilité.

 

Des plans de réponses spécifiques sont développés par chaque cluster, fixant des objectifs spécifiques, des activités prévues, et des mécanismes d’intervention, sans définir de projets à l’avance. Afin de répondre au mieux à des besoins spécifiques qui évoluent continuellement, les projets précis sont conçus, lancés et déclarés tout au long de l’année. Différentes approches monétaires ont été développées par plusieurs clusters en RDC, et sont utilisées de manière courante. Chaque cluster intègre en outre dans ses actions les recommandations relatives aux cinq thèmes transversaux : Genre, protection, VIH, environnement, et relèvement précoce.

 

La coordination de l’action humanitaire est basée sur la concertation entre tous les acteurs humanitaires, à travers différentes plateformes (clusters, inter-clusters national et provincial, CPIA, HCT, et cadres de concertations avec les autorités provinciales et nationales), sous la supervision du Coordonnateur Humanitaire. Parmi les objectifs de 2013 figurent notamment: trouver des solutions aux obstacles administratifs qui gênent le travail des ONG; améliorer l’accès aux populations; préserver l’espace humanitaire au sein de la mission intégrée des Nations Unies; faciliter une approche « multi-cluster » partout où elle est appropriée; améliorer les interventions en urgence ainsi que la coordination de l’action humanitaire dans les sites et camps de personnes déplacées; développer un cadre global de suivi et évaluation de l’action humanitaire du PAH; ou encore améliorer la collaboration avec les autorités aux niveaux provincial et national.

 

Les principales contraintes rencontrées par les humanitaires sont le manque d’accès aux populations, pour cause d’insécurité et par manque d’infrastructures routières; le manque de financement; et les nombreux obstacles administratifs rencontrés par les ONGs sur le terrain. Le budget du PAH 2013 s’élève à $ 892 643 970[1], ce qui représente une hausse significative par rapport à 2012, étant donnée l’aggravation constatée et anticipée de la situation.



 


[1]Tous les montants dans ce document sont exprimés en dollars des Etats-Unis d’Amérique. Tout financement pour cet Appel devrait être signalé au Service de Suivi Financier (Financial Tracking Service/ FTS, fts@un.org). FTS donne les dernières mises à jour concernant projets, besoins financiers et contributions humanitaires.
 

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11 December 2012

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