Plan de Réponse Stratégique pour Djibouti 2014-2015

7 May 2014

Objectifs stratégiques

  • Réduire l’impact de la sécheresse, rétablir les moyens de subsistance et renforcer la résilience des personnes affectées
  • Prévenir les risques épidémiques, épizootiques et zoonotiques et réduire leurs impacts sur les populations et cheptels affectés par la sécheresse
  • Renforcer la protection et améliorer l’accès aux vivres et autres services de base pour les refugiés et vulnérables migrants

 


Actions prioritaires

  • Assistance alimentaire, recapitalisation du cheptel, suivi de la situation alimentaire
  • Prévention, traitement et suivi de la malnutrition aiguë
  • Fourniture des services d’eau, d’assainissement et d’hygiène
  • Prévention, traitement et suivi des épidémies sur les populations et cheptels
  • Protection et assistance aux refugiés et migrants
  • Relèvement précoce et renforcement de la résilience

Éléments de l'intervention

Bien qu'environ 300 000 personnes se trouvent dans le besoin d’assistance humanitaire, les activités contenues dans ce plan de réponse ciblent 250 000 bénéficiaires. Ce ciblage est effectué en tenant compte des besoins prioritaires de sauver les vies, les capacités de réponse et les questions d’accès. Une attention particulière est réservée aux populations les plus vulnérables en milieu rural et urbain. Au delà de la nécessité de sauver des vies, la réponse vise aussi à soutenir les populations affectées par la sécheresse récurrente à rétablir leur moyen de subsistance et de renforcer leur résilience face aux crises récurrentes. La réponse tient aussi compte des questions transversales comme la protection, le genre et le VIH/Sida. Un montant de 74 millions de dollars des Etats-Unis d’Amérique est nécessaire pour financer les activités planifiées pour 2014.

La sécheresse cyclique et récurrente, un accès limité aux services sociaux de base, le manque de perspectives économiques et le chômage, les flux migratoires expliquent la situation humanitaire actuelle à Djibouti. La récurrence et la persistance de la sécheresse génèrent un abaissement drastique des débits des forages et puits et la détérioration de la qualité de l'eau en raison de l'augmentation de la salinité. La population souffre de diarrhées aiguës, d’infections respiratoires aiguës et est très exposée aux épidémies de malaria. La rareté d’eau combinée à la sécheresse engendre la perte du bétail qui est la principale source productive des nomades vivant dans les zones rurales.

Ces éléments accroîssent la concurrence pour l'accès aux ressources naturelles limitées notamment entre les populations locales et les communautés de réfugiés (vivant dans les camps d’Ali Addeh et Holl Holl situés à Ali Sabieh) et les communautés de migrants, le long du corridor de migration à Dikhil et à Tadjourah et également dans la ville d'Obock, principal point de départ des migrants au Yémen. Le manque d’opportunités économiques et le chômage aggravent l'insécurité alimentaire. Les populations rurales vulnérables qui ont quitté leurs villages en raison de la persistance de la sécheresse sont maintenant installées dans des conditions précaires dans les zones périurbaines de la capitale, mettant sous pression les services de base comme la distribution d'eau. Ceux qui sont restés dans leurs villages et comptaient sur la communauté internationale et le soutien financier des membres de leur famille en ville sont maintenant encore plus vulnérables. La hausse des prix alimentaires, l'insécurité alimentaire aggravée, un accès limité aux services de santé préventifs et curatifs et le manque de connaissance des bonnes pratiques alimentaires provoquent des taux très élevés de prévalence de la malnutrition aiguë chronique.

Le chômage, la migration et l'insécurité alimentaire poussent les personnes vulnérables à adopter des comportements à risque qui augmentent notamment l'exposition au VIH/SIDA. En effet, certaines personnes vivant avec le VIH/SIDA peuvent se livrer à des comportements à risques pour financer leur traitement ARV, avec un risque accru de transmission du VIH. Les cinq régions du pays sont touchées par la crise (Dikhil, Ali-Sabieh, Obock et Tadjourah, Arta). La population touchée est principalement située dans les zones rurales de ces régions et dans la zone périurbaine de la capitale de Djibouti (principalement à Balbala et Boulaos). La région d'Ali-Sabieh a la particularité d'accueillir les camps de réfugiés d’Ali Addeh et de Holl Holl. Les régions de Dikhil, Tadjoura présentent la particularité d'être situées sur la route de migration menant à la ville d'Obock, principal point de départ des migrants au Yémen.

La crise affecte les personnes les plus vulnérables comme les enfants de moins de 5 ans (filles et garçons), les femmes en âge de procréer, les femmes enceintes ou allaitantes, les personnes âgées, les réfugiés (en particulier les femmes), les personnes vivant avec le VIH/SIDA et les migrants en situation irrégulière (en particulier des mineurs, les victimes d’abus, les mères seules avec enfants et migrants victimes d'accidents ou de déshydratation). 

 

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7 May 2014

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