Plan de Réponse Stratégique pour la Mauritanie 2014-2016

3 February 2014

RESUME

  1. Recueillir les données sur les risques et les vulnérabilités, les analyser et intégrer les résultats dans la programmation humanitaire et de développement.
  2. Soutenir les populations vulnérables à mieux faire face aux chocs en répondant aux signaux d’alerte de manière anticipée, réduisant la durée du relèvement post-crise et renforçant les capacités des acteurs nationaux.
  3. Fournir aux personnes en situation d’urgence une assistance coordonnée et intégrée, nécessaire à leur survie.

 

Mesures prioritaires

L’orientation des sites / zones d’intervention prioritaire a été définie à la page 11 du document HNO  (régions affectées par l’insécurité alimentaire et la malnutrition, les inondations et celle abritant les réfugiés), à travers l’analyse intersectorielle des vulnérabilités. Toutes les interventions dans le cadre de ce Plan de Réponse Stratégique seront orientées vers ces zones : Hodh-Chargui, Nouakchott, Guidimaka, Gorgol, Brakna, Assaba, Tagant, Hodh-Gharbi. Le choix des zones d’intervention dépend du niveau d’incidence d’au moins l’un des quatre critères de vulnérabilité à savoir  le taux élevé de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition, les inondations en zones rurales et urbaines et la présence des réfugiés maliens.

Paramètres  de l'intervention

Sur la base des évaluations disponibles les plus récentes dont l’enquête sur la sécurité alimentaire des ménages (FSMS, Juillet 2013) ainsi que le SMART (juillet 2013), les vulnérabilités identifiées et qui sont prises en compte dans le plan de réponse sont : les personnes en situation de malnutrition aiguë sévère, celles en situation d’insécurité alimentaire sévère, les personnes affectées par les inondations, les épidémies et les réfugiés maliens.

L’Equipe Humanitaire Pays (EHP) estime que ces catégories de personnes vulnérables doivent être la priorité dans la réponse humanitaire au regard de l’objectif stratégique III du plan de réponse. Ce choix stratégique répond au besoin de mettre rapidement en oeuvre des activités de réponse pour sauver des vies. Sans cette réponse immédiate, la vie de ces personnes (malnutries, celles en situation d’insécurité alimentaire sévère et les réfugiés)  seront en danger.

Cette réponse sera intersectorielle pour s’assurer qu’un paquet minimum d’activités soit disponible pour répondre aux besoins vitaux de ces personnes vulnérables. C’est à dire que les acteurs humanitaires  se sont engagés à inclure dans la réponse de la malnutrition, entre autres des activités d’eau hygiène et d’assainissement (WASH), de santé, d’éducation, de protection, de sécurité alimentaire.

D’autres activités de anticipation de la crise et preparation à la réponse (stocks alimentaires villageois et des boutiques de semences, tranfert d’argent.. ), seront mises en oeuvre dans le cadre de l’objectif stratégique II selon leur pertinence dans le but d’atténuer les effets néfastes des chocs sur les populations vulnérables, surtout pour des aléas dont la probabilité du cycle d’occurrence est quasi certaine au cours de l’année ou dans le cadre du plan de contingence national.

Ainsi, pour 2014, l’Equipe Humanitaire Pays cible au total 531 000 personnes y compris les populations d’accueil pour la réponse humanitaire urgente. Ce chiffre comprend 141 000 malnutris, 190 000 en situation d’insécurité alimentaire sévère, 60 000 réfugiés et 140 000 affectées par les inondations.

Les personnes atteintes d’insécurité alimentaire modérée et les personnes vulnérables (en situation d’insécurité alimentaire modérée) seront prises en compte par les programmes réguliers des agences et du gouvernement en tenant compte des périodes au cours desquelles les risques sont les plus élevés comme la période  de soudure.

Le gouvernement mauritanien est de plus en plus engagé dans la réponse humanitaire à travers divers programmes et initiatives en cours qui contribueront à l’amélioration de la situation humanitaire dans les années à venir et à la réduction progressive du nombre des bénéficiaires.  Le plan de réponse de la communauté humanitaire vient en appui à ces différents programmes.  Parmi ces programmes mis en place par le gouvernement, on peut citer quelques uns :

  • le plan d’urgence Emel (Espoir en arable) toujours en cours en 2014 et qui comprend  plusieurs volets dont la distribution gratuite de vivres aux groupes vulnérables, la vente à prix subventionné d’articles de première nécessité et d’aliments pour bétails dans des boutiques de solidarité, la création des stocks alimentaires villageois de sécurité (SAVS), le transfert monétaire, la réhabilitation et construction des infrastructures d’approvisionnement en eau pour les communautés et les bétails.  En 2014  ce plan devrait se focaliser sur la composante « Boutiques de solidarité ».  Le plan de réponse humanitaire tient compte également du plan  Emel dans le ciblage des activités  pour renforcer la complémentarité dans la réponse                        
  • L’existence de l’Agence Nationale « Tadamoune » mise sur pied en 2013 pour la lutte contre les séquelles de l’esclavage, l’insertion et la lutte contre la pauvreté.
  • Le plan PAIN (Plan d‘Action Intersectoriel pour la Nutrition) est également un programme important dans la planification et la mise en œuvre des activés nutritionnelles à travers le pays.  Le gouvernement vient de réitérer un engagement à mobiliser les financements nécessaires à l'exécution de ce plan lors du dernier atelier tenu à Nouakchott en janvier 2014.
  • Le Cadre Stratégique de lutte contre la pauvreté, la stratégie de lutte contre l’insécurité alimentaire, les programmes nationaux pour l’éducation, l’eau, l’hygiène, l’assainissement et la santé, etc. ; qui sont autant d’initiatives intersectorielles indispensables et complémentaires à la réponse humanitaire.  
  • Le démarrage du plan de développement (infrastructures, filière élevage etc..) de la région du Hodh El Chargui après la tenue de la Table Ronde à Néma en septembre 2013 avec la participation des bailleurs de fonds et de tous les partenaires. La mise en oeuvre des programmes de développement dans les autres régions devront suivre courant 2014.
  • L’engagement de la Mauritanie au sein du programme sur le pastoralisme et l’irrigation au Sahel, soutenu par la Banque Mondiale à travers le CILSS[1]et qui vise le renforcement de la résilience en fédérant des actions d’urgence, de prévention et de développement.
  • L’initiative du gouvernement à redynamiser son plan de préparation aux urgences (prévention des risques et gestion des catastrophes) et l’appui accordé à la mission Capacity for Disaster Reduction Initiative  (CADRI) (décembre 2013) et  en cours  avec l’organisation d’un atelier de retour d’expériences dans la prévention et la gestion des catastrophes prévu en début 2014 avec le soutien des agences humanitaires.
  • Sa volonté manifeste d’apporter son appui à la coordination  qui s’est traduite par la désignation en 2013, d’un point focal humanitaire de rang de Conseiller du Ministre au Ministère des Affaires Economiques et du Développement (MAED).

Toutes ces initiatives contribuent non seulement à répondre aux besoins urgents des populations affectées à court terme, mais aussi renforcent la stratégie de résilience dans le pays à moyen et long termes.



[1]Comité Inter Etats de Lutte contre la Sécheresse au Sahel 

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3 February 2014

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