Plan de Réponse Stratégique pour le Cameroun 2014-2016

3 February 2014

Objectifs stratégiques

  1. Recueillir les données sur les risques et les vulnérabilités, les analyser et intégrer les résultats dans la programmation humanitaire et de développement.
  2. Soutenir les populations vulnérables à mieux faire face aux chocs en répondant aux signaux d’alerte de manière anticipée, réduisant la durée du relèvement post-crise et renforçant les capacités des acteurs nationaux.
  3. Fournir aux personnes en situation d’urgence une assistance coordonnée et intégrée, nécessaire à leur survie.

 

Mesures prioritaires

  • Les mesures prioritaires pour l’insécurié alimentaire consisteront en la fourniure d’une assistance alimentaire d’urgence aux populations et la distribution des semences et d’engrais. Un accent sera mis sur l’appui au relèvement économique et à la résilience sociale des femmes et jeunes filles rendues vulnérables du fait de l’insécurité alimentaire et des catastrophes naturelles dans les zones d’intervention.
  • Dans le domaine de la malnutrition les priorités sont : la prise en charge des cas de malnutrition aigüe dans tous les districts des régions du Nord et de l’Extrême-Nord, et en priorité dans les districts qui accueillent des réfugiés dans l’Adamaoua et l’Est ; l’intégration effective de la prise en charge de la malnutrition aigüe sévère dans le paquet d’intrants, prestation de service et suivi intégré du système de santé ; et la mise en place d’un système de surveillance nutritionnelle solide en collaboration avec le secteur santé.
  • Dans le secteur de l’Eau, l’Hygiene et l’Assainissement, il s’agira : d’ameliorer l’acces à l’eau potable dans les communautés, les sites de regroupement des populations deplacés, et les centres de santé intégrant la prise en chagre des enfants malnutris ; accroitre l’acces à l’assainissement tant en milieu communautaire, hospitalier que dans les camps de regroupement des populations vulnerables ; promouvoir les bonnes pratiques d’hygiene en milieu communautaire, hospitalier et dans les camps.
  • Dans le secteur Santé, il s’agira d’assurer la gestion des flambées épidémiques au sein des populations locales et des réfugiées notamment celles de choléra, poliomyélite, rougeole et fièvre jaune ; soutenir la prise en charge des maladies favorisant ou  associées à la malnutrition dans l’optique d’améliorer les délais de guérison et réduire la létalité ; renforcer la surveillance épidémiologique pour une détection précoce des flambées épidémiques ; intégrer la surveillance de la malnutrition dans la surveillance intégrée des maladies et riposte et les déclarations hebdomadaires ; assurer les soins obstétricaux de base et contraceptifs aux femmes refugiées (accouchement…) ; assurer la prévention de la transmission des IST et du VIH/Sida ; mener des activités de mitigation de risque des flambées épidémiques : choléra, poliomyélite, rougeole, paludisme ; renforcer les capacités de préparation et de gestion des urgences des autorités sanitaires des régions de l’Extrême-Nord et du Nord ; apporter une réponse urgente et appropriée aux femmes et filles victimes de violences de toute nature et plus spécifiquement les violences sexuelles y compris la féminisation du VIH et IST.  Pour ce faire, les sites d'intervention prioritaires concerneront les districts de santé, les Centres de Traitement de la malnutrition (CNA), les délégations régionales, et les sites acceuillant les populations déplacées. 
  • En raison de la situation en République Centrafricaine (RCA) et à la frontière avec le Nigéria, le nombre d’enfants en âge scolaire aussi bien du primaire que du secondaire ne cesse de croitre au sein de la population réfugiée créant ainsi la nécessité d’augmenter la capacité des écoles dans les zones de réfugiés. Il est indispensable de mettre en œuvre une assistance multisectorielle dans les zones hébergeant et accueillant les réfugiés au Cameroun, plus particulièrement dans les régions de l’Est, de l’Adamaoua et de l’Extrême-Nord. Il faudra développer les infrastructures de base tout en maintenant celles qui existent déjà afin de garantir l’accès à l’eau potable, à l’éducation, aux soins de santé primaire et autres activités pour mitiger l’impact de la présence de réfugiés et maintenir les conditions de vie des réfugiés et des nationaux dans des standards acceptables tout en évitant des conflits entre les deux communautés. Les réfugiés, et une partie de la population hôte (les personnes les plus vulnérables), bénéficieront des activités pour renforcer leurs capacités et améliorer leur autonomie. Pendant ce temps, une réponse d’urgence sera fournie aux réfugiés nigérians dans l’Extrême-Nord ainsi qu’aux nouveaux réfugiés centrafricains qui continuent à fuir les conflits, les exactions et les violences dans leurs pays respectifs.

Éléments de l'intervention

Les régions de l’Exrême-Nord, du Nord, de l’Est et de l’Adamaoua constitueront les zones d’intervention prioritaires pour la réponse aux besoins humanitaires dans le pays. Toutefois, et s’agissant particulièrement des épidémies, la réponse pourraient inclure quelques régions de la partie méridonale du pays les plus à risque.

Pour chaque type de vulnérabilité, les populations dans le besoin et les populations ciblées ont été estimées sur la base de l’évaluation des besoins et des capacités de réponse des différents secteurs interpellés. Pour l’ensemble des vulnérabilités retenues dans ce plan, la proportion de la cible au sein des personnes dans le besoin a été retenue en tenant compte de la couverture des interventions.

Pour la réduction de la vulnérabilité et pour lutter contre l’insécurité alimentaire et bâtir la résilience des communautés 50 000 femmes et jeunes filles organisées en 25 coopératives de production seront appuyées pour développer des activités de production, transformation, et commercialisation au sein des communautés dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord, permettant d’améliorer le revenu des ménages eu égard à la déstructuration du tissu social due aux mouvements des populations. Des activités de solidarité, socio-culturels et de divertissement seront soutenues afin de bâtir la résilience sociale et contribuer au mieux vivre des communautés déplacées et celles d’accueil.

Le nombre de personnes en besoin de prise en charge nutritionnelle a été fixé à 186 633 cas de malnutrition aigüe chez les enfants de moins de 5 ans attendus et 41 064 cas pour les femmes enceintes et allaitantes. Tenant en compte la couverture des interventions (90% pour la prise en charge de la malnutrition aigüe sévère et 70% pour la moderée) en nutrition et les capacités des acteurs du secteur, le nombre de personnes ciblées est de 141 482 cas de malnutrition aigüe chez les enfants et 36 958 pour les femmes.

Dans le cadre de la crise humanitaire relative à une épidémie (choléra,..) 201 000 personnes (dont 51% femmes) vivant dans les communautés sont identifiées comme personnes les plus à risque du fait de l’effet conjugué de leur localisation dans les zones à fort risque de choléra et des mauvaises pratiques d’hygiene et d’assainissement. La réponse aux innondations cible 10 000 personnes deplacées, constituées à 51% des femmes.

Dans le cadre de la protection des refugiées, des actions ciblées seront portées sur 43 835 femmes et jeunes filles qui forment la population des refugiés qui sont exposées aux violences basées sur le genre, les violences sexuelles, l’exploitation, la prostitution et les exactions de toute nature. Ces actions seront mise en œuvre dans les zones de forte concentration des refugiés et dans les camps aménagés dans les régions de l’Adamaoua, Est et Extrême-Nord. 

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3 February 2014

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