Révision à mi-parcours du Plan d'Action Humanitaire pour Haïti 2013

9 July 2013

Durant ces trois dernières années, des progrès considérables ont été accomplis en réponse au tremblement de terre dévastateur de 2010, aux inondations et au choléra.D’après les taux de mortalité et de létalité pour l’année 2012, le taux de mortalité infantile a été réduit de 68 pour 1 000 naissances en 2005 à 59 pour 1 000 naissances en 2012, tandis que l’effectif d’inscription dans les écoles primaires est passé de 49.6% à 77% sur la même période. De plus, l’accès aux structures de santé s’est amélioré passant de 13.6% à 27.7% et l’accès au service prénatal a augmenté de 84.5% à 90.5%. De même, il est à noter qu’environ 80% des personnes déplacées suite au tremblement de terre de 2010 ont quitté les camps, grâce à des solutions de logement alternatif pour beaucoup d’entre elles.  La population et les leaders haïtiens ont ainsi démontré, durant ces trois dernières années, leur détermination pour contrer les chocs externes et avancer sur la voie du développement.  Les autorités nationales ont également fait valoir une aptitude croissante à planifier,  coordonner et mettre en œuvre un nombre de programmes clés élaborés dans l’objectif d’améliorer les conditions de vie du peuple haïtien.

Au cours des six derniers mois, l’aide humanitaire a permis de venir en aide à des centaines de milliers de personnes vulnérables. Une aide alimentaire et nutritionnelle a été fournie à une population d’environ 700 000 bénéficiaires qui se trouvent parmi les plus affectés par l’insécurité alimentaire sévère. De plus, 38 000 personnes ont bénéficié d’une assistance leur permettant de quitter les camps et de bénéficier de solutions de logement alternatif. De même, 50 000 victimes de l’ouragan Sandy ont reçu des abris et un appui à la reconstruction de leur maison. D’autre part, une médiation renforcée et des efforts de plaidoyer ont permis à environ 1 000 familles de ne pas être victimes d’expulsion forcée et à 20 000 personnes affectées par le choléra de recevoir une assistance médicale appropriée. En outre, plus de 600 opérations de vidange ont été effectuées dans plusieurs centaines de camps, bénéficiant à 260 000 déplacés. Enfin, des enquêtes EPAH (eau potable, hygiène et assainissement) ont été menées à au moins trois reprises dans l’ensemble des camps de PDIs (personnes déplacées internes) en 2013. Ainsi, 1 059 échantillons ont été prélevés dans plus de 250 sites (incluant les 221 sites de la Matrice de Suivi du Déplacement Interne) pour y évaluer la quantité de chlore libre résiduel (SISKLOR[1]).

En dépit de ces efforts soutenus, un million d’Haïtiens demeurent vulnérables et sont exposés à de possibles chocs futurs.Cette estimation inclut 1.5 million de personnes faisant actuellement face à une insécurité alimentaire aiguë. Suite à de longues périodes de sécheresse et de destruction des récoltes par les tempêtes tropicales Isaac et par l’ouragan Sandy de 2012, plus de 15% de la population haïtienne fait face à un risque de pénurie alimentaire et ne peut répondre à ses besoins nutritionnels minimaux. Par conséquent, 81 600 enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë (20 000 d’entre eux souffrent de malnutrition sévère et sont ainsi neuf fois plus susceptibles de mourir que des enfants en bonne santé). La situation des déplacés internes est telle que 320 000 personnes demeurent dans des camps faisant face à des conditions de vie qui se détériorent, avec une exposition accrue à la violence. Ces déplacés internes ont des besoins urgents en termes de solution de retour et de services de base dans les camps afin de répondre aux standards minimums de protection et de dignité. Les déplacés vivant sur des terres privées sont également vulnérables craignant les évictions forcées. En outre, la prochaine saison des pluies et la saison cyclonique pourraient engendrer une augmentation des cas de choléra dans le pays, avec 38 alertes rapportées jusqu’à présent et 20 000 personnes affectées. Les prévisions font état de plus de 100 000 personnes pouvant être affectées avant la fin de l’année, alors que les financements ont diminué entraînant ainsi des capacités de gestion et de réponse à la maladie plus faibles qu’auparavant.   

La saison des ouragans de 2013 pourrait exacerber les besoins et fragiliser les mécanismes de survie.Les prévisions pour la saison des ouragans suggèrent une activité au-dessus de la normale avec un total de 18 tempêtes anticipées, entre le 1er juin et le 30 novembre, dont neuf ouragans potentiels. Or, quatre d’entre eux pourraient se développer en ouragan majeur (catégorie 3-4-5), ce qui pourrait engendrer des pertes humaines, la destruction de terres et de cultures agricoles, des dégâts au niveau des infrastructures de services de base, ainsi que de lourdes pertes économiques. De fait, environ  600 000 personnes pourraient être directement affectées par la saison des ouragans, être évacuées temporairement durant les 72 heures suivant la catastrophe et pourraient nécessiter une aide d’urgence et. De plus, 225 000 Haïtiens pourraient avoir besoin d’une assistance prolongée. Les zones prioritaires incluent Port-au-Prince, le sud du pays, les départements du sud-est et de l’Artibonite. La préparation et le renforcement des capacités de réponse au vu de ces prévisions est une priorité[2].

Les actions prioritaires reflétées dans la révision à mi-parcours du Plan d’Action Humanitaire (PAH) pour le restant de l’année priorisent les 935 500 personnes les plus vulnérables n’ayant pas encore reçu d’assistance à ce jour et qui seraient potentiellement des victimes du choléra et de la prochaine saison cyclonique.Ces actions incluent 800 000 Haïtiens en besoin urgent d’assistance alimentaire, d’opportunités de travail et de soutien agricole; 120 000 personnes déplacées en attente de solutions de retour;  100 000 victimes potentielles du choléra; et au moins 225 000 personnes pouvant être sévèrement affectées par la saison des ouragans.

Les révisions clés pour la stratégie du PAH de 2013 pour le reste de l’année incluent:l’amplification des détails liés aux scénarios d’urgence, des prévisions chiffrées et des besoins essentiels relatifs à la préparation et à la réponse à un potentiel désastre durant la saison cyclonique; la révision des prévisions chiffrées pour tous les secteurs clés,  particulièrement la sécurité alimentaire; et l’alignement des objectifs de la composante du choléra du PAH avec les objectifs du plan national de contingence pour le choléra. Les priorités géographiques ont également été revues et élargies, en incluant les zones affectées par l’ouragan Sandy mais également le sud du pays ainsi que les départements et communes ayant développé un taux élevé de vulnérabilité, plus particulièrement dans l’ouest (et la Gonâve), l’Artibonite, le nord-ouest, le nord-est, le centre, les départements du sud-est pour la sécurité alimentaire et l'ouest, le centre, l’Artibonite et le nord pour le choléra.

Les besoins exprimés dans le PAH de 2013 ont augmenté de US$144 millions à $150 millions, sur lesquels $53 millions ont déjà été financés[3]. Dans le cadre de la révision à mi-parcours du PAH, un certain nombre de projets précédemment financés en dehors du PAH sont désormais intégrés dans le plan. Les fonds nécessaires pour la sécurité alimentaire et la préparation et réponse à la saison cyclonique ont augmenté. Ainsi, la révision à mi-parcours du PAH reflète des besoins s’élevant à $150 millions, parmi lesquels $53 millions ont été reçus jusqu’à présent. Les efforts de prévention et de réponse au choléra – particulièrement au travers du renforcement des activités du secteur de la santé – représentent la composante du PAH la moins financée, avec seulement 16% des fonds nécessaires alloués jusqu’à présent. Suivent les secteurs de l’EPAH ainsi que la sécurité alimentaire et nutrition qui n’ont respectivement reçu que 25% et 34% des fonds demandés. Alors que les ressources destinées à faciliter les solutions de retour pour 100 000 PDIs d’ici la fin de l’année vont probablement être disponibles (en prenant en compte le financement de projets PAH et hors PAH), les activités de fourniture des services de base dans les camps demeurent sous-financées.



[1]Système de Surveillance de Chlore Résiduel.

[2]Prévisions données par l’Université due l’Etat du Colorado et adoptées par la Direction de la Protection Civile Haïtienne

[3]Tous les symboles $ dans ce document réfèrent aux dollars américain. Les financements pour cet Appel devront être rapports au travers du Système de Suivi Financier  (FTS,  fts@un.org) qui affichera les besoins financiers et le financement sur la page des appels actuels.

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