Rapport annuel d'activités du Plan d'Action Humanitaire pour la République Démocratique du Congo 2011

6 August 2012

Le Plan d’Action Humanitaire 2011 prenait l’engagement d’améliorer le suivi et l’évaluation de l’action humanitaire développée en République Démocratique du Congo. Tout au long de l’année, des progrès ont été accomplis en ce sens, essentiellement en terme de suivi et de rapportage sur les financements et les projets humanitaires. Le présent Rapport Annuel en est un résultat tangible. En effet pour la première fois, la Communauté Humanitaire présente l’ensemble des activités développées dans le cadre du PAH durant l’année écoulée. Cette première tentative présente le contexte humanitaire, la stratégie adoptée, le fonctionnement du système humanitaire et donne des informations sur l’utilisation des financements accordés par les bailleurs. Des efforts doivent encore être faits en ce qui concerne l’évaluation et l’analyse de l’impact de l’action. Nous nous forcerons de mettre l’accent sur ces deux aspects en 2012.

La planification et la coordination de l’aide humanitaire en RDC reposent sur le principe de la responsabilité sectorielle. Il existe 8 secteurs d’activités appelés clusters (biens non-alimentaires et abris d’urgence ; eau, hygiène et assainissement ; éducation ; logistique ; nutrition ; protection ; sécurité alimentaire ; santé), un secteur chargé de la réponse multisectorielle aux besoins spécifiques des réfugiés, ainsi qu’un thème transversal lié au Relèvement Précoce – qui ne constitue plus un cluster en tant que tel. Les coordinations de clusters sont donc un élément clé de la bonne coordination de l’action. Constatant le manque de moyens mis à disposition des coordinations de clusters, au regard des tâches qui leur sont demandées, le Pooled Fund a accordé en juin 2011 un financement spécial pour une année pour le renforcement de la coordination des clusters. Une première évaluation après 6 mois en a confirmé l’impact positif sur la coordination et la mise en oeuvre de l’action humanitaire. Toutefois il y a un besoin urgent de trouver une solution au problème du financement à long terme des coordinations des clusters.

Concernant l’objectif portant sur l’amélioration de la réponse rapide et multisectorielle en cas de crise soudaine, le résultat est moins positif. Alors que 2011 a connu quelques avancées, avec la création du « Roster intercluster » et la mise en place en fin d’année d’une unité Planification et Préparation de réponse aux urgences au sein de OCHA, nous devons admettre que ceci n’a pas encore conduit à une amélioration concrète des interventions sur le terrain, en terme de rapidité et d’intégration multisectorielle. Les causes en sont multiples : scénarii de crises fort différents à travers le pays, manque d’acteurs dans certaines régions, manque de financement pour les évaluations des besoins et/ou pour la réponse, et manque de coordination entre acteurs des différents clusters. Il est certain que pour certaines crises soudaines, le schéma classique « mission d’évaluation des besoins – élaboration de projets – recherche de financement – mise en oeuvre de la réponse » est inadéquat car la réponse sera toujours trop lente à parvenir aux bénéficiaires. Ainsi par exemple, les congolais qui sont expulsés d’Angola ont des besoins immédiats et importants durant quelques jours, mais une aide arrivant un mois plus tard ne répond pas à ces besoins. Pour de tels cas, une réflexion doit être menée en vue d’assurer une réponse adaptée. Je veillerai, sur la base de cette réflexion, à ce que les efforts conjugués de OCHA, des clusters et des organisations de terrain permettent en 2012 une réelle amélioration des interventions en urgence.

La stabilité retrouvée dans certaines zones pose d’autres types de questions. Certains trouvent nécessaire d’y prévoir une stratégie de sortie pour les humanitaires, et d’organiser la transition vers le développement. D’autres considèrent qu’une telle sortie ne peut se planifier estimant que les humanitaires répondent à des besoins urgents constatés, et devront rester tant que ces besoins existent. Pour ma part, je considère que vu la situation complexe de la RDC, cette question ne se résoudra pas en une approche simple et unique, et que des stratégies différenciées d’intervention doivent pouvoir cohabiter dans un même espace. Aussi, confrontée à une épidemie, une intervention humanitaire pour vacciner une zone où la rougeole existe de façon endemique n’empêche pas le travail de fonds mené par une ONG de développement avec les autorités sanitaires afin de renforcer la vaccination de routine. Je demande donc à tous les acteurs de terrain (humanitaires, stabilisation, développement et autres) d’échanger des informations, et de coordonner leurs interventions lorsque cela est utile et faisable. Au niveau national, un dialogue de fond sera utile entre les acteurs humanitaires et les acteurs de développement dans la mesure où un grand nombre de crises humanitaires ont une cause structurelle.

Le Plan d’Action Humanitaire 2011 était chiffré à 721 millions US$. Les contributions des bailleurs en 2011 totalisent près de 392 millions US$, soit 54%. Hélas, nous constatons que le montant total annuel des contributions pour la RDC est en baisse régulière depuis 2008, où il s’élevait à 542 millions US$. Ceci constitue une préoccupation majeure pour les acteurs humanitaires, qui continuent à noter sur le terrain des besoins importants. J’exhorte la Communauté Humanitaire à faire preuve de plus d’efficacité en 2012 en vue d’améliorer l’impact de l’action humanitaire. J’aimerais également faire un appel pressant aux partenaires financiers pour qu’ils continuent à soutenir l’action humanitaire et à contribuer à sauver des vies en République Démocratique du Congo.  

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6 August 2012

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