Examen semestriel pour l'appel global pour la République Démocratique du Congo 2005

29 June 2005

Les conséquences de l’évolution du contexte général en République Démocratique du Congo (RDC) au cours du premier semestre 2005 se sont matérialisées, dans un triangle allant de Bunia à Pweto en passant par Lodja, par la persistance d’une part des crises humanitaires aiguës et d’autre part des crises chroniques. Des affrontements entre groupes armés ou les opérations militaires menées par les Forces Armées nationales et celles de la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC) ont ainsi engendré depuis le mois de novembre 2004 des situations humanitaires d’urgence dans lesquelles de vastes besoins sont apparus alors que l’insécurité entravait la capacité des partenaires humanitaires à mener à bien leurs activités. Dans le même temps, la stabilisation de certaines zones au sein de ce triangle a offert aux humanitaires d’aplanir partiellement des situations humanitaires existantes, voire d’élargir leur espace humanitaire et de découvrir de nouveaux besoins. 

Les avancées significatives enregistrées dans la couverture des besoins humanitaires relatifs aux crises aiguës et chroniques résultent en fait de la mise en œuvre de la Stratégie Humanitaire Commune (SHC) de 2005. L’analyse du contexte et la détermination d’un scénario le plus probable sur lesquelles la stratégie est fondée a permis à la communauté humanitaire de développer des moyens et des mécanismes devant lui permettre d’atteindre ses trois objectifs stratégiques : « sauver des vies » ; « réduire les vulnérabilités » ; « renforcer la coordination et faciliter la synergie des coordinations entre l’urgence, la reconstruction et le développement ». Par conséquent, l’architecture générale de la Stratégie demeure inchangée. Toutefois, l’évolution du contexte incite à procéder à des ajustements mineurs. La protection contre la violence devra apparaître dans les objectifs, à une place qui reste encore à définir. Les mécanismes attachés à la réalisation des objectifs du premier pilier devront encore être approfondis afin de gagner en efficacité. Le retour spontané des déplacés, le retour volontaire des réfugiés et les difficultés liées aux brassages de l’armée ainsi que la possibilité d’une absence de retour ou d’un retour partiel des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) dans leur pays obligent également à prendre plus en considération les aspects de la réintégration/réinsertion dans le pilier concernant la réduction des vulnérabilités. Enfin, l’immensité des besoins humanitaires en RDC nécessite un renforcement de la coordination. 

La mise en œuvre de la SHC a donc permis de satisfaire nombre de besoins humanitaires. Leur couverture n’a cependant pas été identique selon que la crise a été aiguë ou chronique. Dans le cadre des crises aiguës qui par nature ne peuvent pas faire l’objet d’une planification précise car elles naissent d’un conflit armé ou d’un désastre naturel, la quasi-totalité des besoins des personnes les plus vulnérables ont été couverts grâce à des mécanismes de réponse rapide. La réponse planifiée aux crises chroniques est en revanche plus aléatoire car elle dépend des fonds mis à disposition par des bailleurs et de la capacité des organisations humanitaires sur le terrain. Or, la faiblesse des financements a constitué la principale entrave à l’action humanitaire obligeant certains partenaires, dans le meilleur des cas, à recourir à leurs fonds propres. En marge de ces contraintes, l’absence d’infrastructures et les tracasseries des autorités politico-militaires à l’égard des humanitaires ont continué de gêner le travail d’assistance. D’un point de vue organisationnel, le soutien des bailleurs de fonds au projet que l’organe onusien chargé de la logistique (UN Joint Logistics Centre) soumettra dans la Procédure d’Appel Consolidé (CAP), permettrait toutefois de renforcer et de mieux rationaliser les supports techniques nécessaires aux actions humanitaires. 

Les priorités du semestre à venir consisteront donc à mieux répondre aux crises chroniques. Pour ce faire, un engagement actif des bailleurs de fonds est indispensable, d’autant plus que la SHC et le CAP qui en découle se sont centrés en 2005 sur les urgences humanitaires. Un recentrage qui d’après les principes du Good Humanitarian Donorship (GHD) aurait dû recueillir un soutien total des bailleurs. Par ailleurs, les liens entre l’urgence, la transition et le développement, un autre principe du GHD, devront être tissés de manière à pérenniser les acquis humanitaires. Au 10 juin 2005, les financements hors CAP sont de l’ordre de US$ 85 millions alors que seules 35% (soit US$ 63 millions) des sommes sollicitées dans le CAP ont été débloquées ou promises. De ce fait, les fonds requis pour le dernier semestre 2005 s’élèvent à US$ 118,249,477.pour le dernier semestre 2005   

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29 June 2005

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