Revue à mi-parcours pour l'appel global pour le Tchad 2005

29 June 2005

La période qui a suivi le lancement de l’appel consolidé (CAP) 2005 a été marquée par un accroissement de la demande des autorités gouvernementales et des agences humanitaires dans le pays, en vue d‘impulser l’assistance aux populations hôtes au Tchad. La présence prolongée des réfugiés soudanais à l’Est du Tchad, une des régions les plus inhospitalières, à l’environnement fragile et sec, a, en réalité aggravé la situation d’une population locale aux mécanismes de survie déjà précaires. Suite à de violents incidents survenus dans plusieurs camps de réfugiés, les opérations humanitaires ont été suspendues pour quelques jours pendant le mois de mai. Cette violence a mis à nu l’instabilité de la situation sécuritaire et soulevé des préoccupations pour la communauté humanitaire. 

La détérioration continue des conditions de vie des communautés hôtes constitue un souci majeur pour la communauté humanitaire.[1]La lutte pour des ressources naturelles raréfiées a généré des tensions entre les réfugiés et les populations locales.[2] Dès lors, les agences des Nations Unies et les partenaires d’exécution ont tenté progressivement d’adapter leur stratégie en vue d’inclure les populations locales : le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), a lancé à petite échelle des projets à impact rapide (PIR), le Programme Alimentaire Mondial (PAM) envisage d’assister 150.000 tchadiens suite à une révision de son programme d’urgence en cours. 

A l’Est du Tchad, les réfugiés soudanais (environ 200.000) sont abrités dans 12 camps répartis sur plus de 700 Km d’étendue.[3] Deux camps additionnels au Sud du Tchad abritent des réfugiés centrafricains estimés à 30.000. Un nouvel afflux de réfugiés centrafricains au sud du Tchad a été récemment rapporté, suite à un regain de violence et d’instabilité au nord de la République Centrafricaine (RCA). Dans tous les camps, les agences des Nations Unies et leurs partenaires  continuent d’œuvrer pour atteindre le minimum requis en matière d’approvisionnement en eau, santé et nutrition pour la population réfugiée. En dépit d’une amélioration globale de la situation des réfugiés, y compris dans les secteurs de la santé et de la nutrition, les besoins persistent. En l’absence de possibilités de stratégies alternatives de survie, les réfugiés restent dépendants de l’assistance extérieure. 

Compte tenu de l’insécurité persistante au Darfour, les scénarios possibles de plan de contingence développés, prenant en considération un afflux potentiel de nouveaux réfugiés soudanais restent  valides. Le PAM prévoit une assistance à 150.000 réfugiés soudanais additionnels si la situation se dégrade au Darfour. 

Les défis logistiques des opérations humanitaires dans l’Est tchadien désertique et éloigné restent énormes. Ils sont en plus exacerbés par le bas niveau d’infrastructures dans la région. Cela accroît considérablement les coûts des opérations. 

La Revue à mi-parcours s’emploie à refléter ces tendances. En plus de l’assistance aux réfugiés, elle prévoit des niveaux de financement additionnels significatifs en vue de prendre en compte les besoins des populations locales et donner aux agences la capacité de réagir adéquatement si la situation vient à se détériorer au Darfour, entraînant un afflux massif à l’Est du Tchad. Elle anticipe également un accroissement des coûts des opérations, étant donné les difficultés à atteindre des populations nécessiteuses, dans l’environnement particulièrement rude et sous-développé de l’Est tchadien. Le CAP 2005 pour le Tchad comprend 65 projets dans 12 secteurs. Afin de faire face à la protection d’urgence et aux besoins d’assistance  à 300.000 personnes pour le reste de l’année, les demandes de financements ont été révisées à 223.881.823 USD. Avec la réponse des donateurs atteignant les 60 millions USD au 10 juin 2005, les besoins pour le reste de l’année 2005 sont de 163.963.164 USD



[1]Contraintes majeures induites par l’accroissement de l’afflux et la présence des réfugiés sur les populations locales, incluant entre autres, la forte pression sur les réserves alimentaires, conduisant à l’inflation des prix et au déficit alimentaire; l’arrivée de bétail non vaccinés, avec les risques de maladies telluriques et la surexploitation des ressources naturelles existantes (eau, pâturage); la surexploitation des terres cultivables, sans aucune possibilité de jachère, et parfois, la disparition de ces terres lorsque des camps de réfugiés y sont implantés, augmentant la rareté des produits de cueillette (fruits, céréales sauvages) aggravant l’insécurité alimentaire des populations locales et les problèmes liés à l’approvisionnement en eau pour la population, le bétail et les cultures. Cette question d’eau s’est empirée à cause de la mauvaise pluviométrie, réduisant la production agricole et de la biomasse, et l’assèchement précoce des points d’eau. 

[2]Un incident a opposé les réfugiés du camp de Kounoungo aux membres de la communauté locale. Cet incident a eu lieu lorsque des réfugiés de ce camp ramassaient du bois en dehors du camp malgré l’existence d’un système organisé de collecte (par lequel les réfugiés vont en groupe ramasser du bois dans un site approuvé par les autorités).

[3]Camps de Oure Cassoni, Iridimi, Touloum, Kounoungo, Mile, Farchana, Bredjing, Treguine, Gaga, Djabal, Goz Amer, et Am Nabak

 

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