Financement Humanitaire

Le Niger est l'un des pays les plus pauvres au monde où plus de la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Pays sahélien, il est enclavé et en proie à des crises multiples. Depuis plus d’une décennie, le Niger fait face à des crises alimentaires et nutritionnelles quasi récurrentes. Le Niger reste également confronté à des catastrophes naturelles, telles que les inondations et la sècheresse. De très nombreux ménages ne se sont pas encore relevés des conséquences  des inondations de 2012 et 2013 ainsi que de la  sécheresse, des épizooties et des invasions acridiennes.Le pays a connu ces dernières années des épidémies de méningite, de rougeole et de choléra. En 2014, plus de 2 000 cas de choléra  ont été enregistrés dans le pays et des cas (51 cas au 16 février 2015) ont été rapportés depuis le début de l’année 2015 dans deux régions du pays (Tillabéry et Diffa).De plus, la récurrence de ces phénomènes extrêmes n’a pas toujours été suivie d’actions structurantes de relèvement. Cette donne a eu comme conséquence l’affaissement progressif du socle de résilience des communautés victimes des crises et catastrophes.   

Pour assurer une meilleure préparation face aux risques de crises quasi permanentes et une réponse humanitaire internationale adéquate et opportune en appui aux efforts du gouvernement nigérien, OCHA Niger coordonne la mobilisation des ressources nécessaires pour répondre à ces différents défis.

Cette année, la communauté humanitaire au Niger recherche, à travers le plan de réponse stratégique (PRS/2015), 376 millions de dollars pour apporter sa contribution à la réponse humanitaire et de relèvement  dans le pays.

Au cours de l’année écoulée, sur environ 305 millions USD de financement demandés dans le cadre du Plan de réponse stratégique pour 2014, environ 199 millions USD ont été mobilisés au 31 décembre 2014, (soit 65 % du financement requis). Les Etats-Unis d’Amérique se trouvent en tête des pays contributeurs  avec 54 millions USD, suivis de la Commission Européenne avec plus de 44 millions USD et du Japon avec 14 millions USD. Arrivent  ensuite, le Royaume Uni, la Norvège, la Suède, le Canada, l’Arabie Saoudite, la Finlande, le Danemark, la France, l’Irlande et la Suisse. Au total, quatre  secteurs ont reçu des financements dépassant les fonds recherchés à travers le plan de réponse stratégique pour 2014. Il s’agit de la protection (265,7%), la coordination et les services d’appui (143,7%), la logistique (117,2%) et l’éducation (107,4%). Alors que des secteurs  comme l’eau, hygiène et l’assainissement 61,8%, sécurité alimentaire 51,4% et multi secteur 51,2%, nutrition 46,1%, santé 36,8% et les abris et biens non alimentaires 33,1% ont été relativement sous financés.

Environ 85% des fonds mobilisés en 2014 ont été alloués aux agences humanitaires du Système des Nations Unies et à l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM). Les 15% restants ont été alloués aux organisations non-gouvernementales (ONG). Les projets humanitaires non répertoriés dans le Plan de réponse stratégique (SRP) ont quant à eux  été financés à hauteur de 63 millions USD.

Sur les trois dernières années (2011-2014), les financements humanitaires ont connu une augmentation sensible. Ils sont passés de 54 pour cent en 2011 à 65 pour cent en 2014. Le niveau de financement a connu une hausse exceptionnelle pour atteindre 81 pour cent en 2013 alors qu’en 2012, il était à 64 pour cent. Sur la période considérée, les trois premiers donateurs sont les USA, ECHO et le CERF avec des niveaux de financements élevés, notamment en 2012, sans doute  à cause de la crise malienne, l’épidémie de choléra et les inondations qui ont connu une grande ampleur. La sécurité alimentaire figure au nombre des secteurs les plus financés au cours des trois dernières années (52,7% en 2011, 69,9% en 2012 et 113% en 2013), excepté en 2014 où le financement s’est maintenu à 51,4%. Il y a aussi la coordination et les services avec 96,8% en 2011 et 143,7% en 2014 mais également le secteur de la logistique financé à 125,5% en 2012 et à 138,4% en 2013.
 

Voir notre infographie sur les tendances humanitaires 2010-2014
 

En 2014, le Niger a également reçu des fonds CERF pour plus de 12 millions de dollars US, représentant la contribution la moins importante du CERF au Niger sur les trois dernières années (2011-20014). En 2011 et 2013, les financements CERF en faveur du Niger sont respectivement restés dans la fourchette de 15, 736,845 USD et 14, 301,174 USD, à l’exception de 2012 où le CERF lui a octroyé 24, 609,716 USD.

 


Date de dernière mise à jour : 24 mars 2015