Aid Worker Diary: Assessing the needs of people affected by the conflict in Katanga, DRC

September 2012: Villagers and displaced people in Mutabi run from a gunfire exchange between the Mayi-Mayi armed group and the national army. Photo credit: Credit: OCHA/Sylvestre Ntumba Mudingayi
A humanitarian assessment team travels to a village in southern Democratic Republic of the Congo

(Scroll down for the French version of the story)

(Katanga Province, Democratic Republic of the Congo, September 2012): Emotions are running high as I arrive in Mutabi village in Katanga Province, Democratic Republic of the Congo (DRC) on this September afternoon. Just a few hours ago, some 22,000 people reached Mutabi after fleeing the town of Dubie, two kilometres away. They fled because the town was under the threat of attack by armed fighters from a local militia known as the Mayi-Mayi.

People have gathered along the tiny airstrip in front of the Catholic mission, apparently to ensure the plane lands safely. Most of them probably think the arriving aid workers are coming to deliver relief supplies. However, the team will actually evaluate the situation and assess the most urgent needs. I am here to join the assessment team.
 
Three days earlier, more than 20,000 people fled villages along the road between Dubie and Shamwana, after clashes between the national army and the Mayi-Mayi. Most people left all their belongings and found shelter with host families, or in schools and churches in Dubie; others were forced to sleep in the open. 
 
In Mutabi, we meet humanitarian workers and representatives of the local authorities. They are unanimous in their opinion: the displaced people urgently need humanitarian aid. But local people are mixing with the new arrivals to benefit from whatever help and support they receive. 
 
We set up our headquarters at the Catholic church where we will spend the night, three people per room. There’s no electricity, but plenty of running water. With no network coverage, the only way to communicate with the outside world is by satellite phone. Luckily we have one. 
 
The next morning, we’re up at the crack of dawn. I am part of the team that will go to Kyona and Mungeti, two villages that are a few kilometres from Mutabi. The only way to get there is by motorcycle, and we set out in a convoy of four. The dust from the road makes it very difficult to see and breathe. 
 
At Kyona and Mungeti, the local authorities have designated a site for the displaced people, who have started constructing huts with wooden posts. But they cannot continue building because there is no straw to thatch the roofs; the fields in this area were recently burned to prepare for the next agricultural season. 
 
“If you don’t give us plastic sheeting, we won’t be able to move into our new shelters,” one of the displaced people tells me. “It’s already the rainy season.” 
 
In a school in Kyona, five families—men, women and children—share one classroom. “At night, we all sleep crammed against each other. But at least we’re not sleeping outside,” one man says. The school Principal says that as soon as day breaks, the families leave the school to allow the children to study. “There’s no quarrel between the displaced families and the school,” he says without irony.  
 
On the last day of our mission, we meet some of the newly displaced people in Mutabi and learn that a few local people have set up camp on their site. “I live in the centre of Mutabi. It’s my husband who asked me to come and find a spot on the site because everybody is here,” one lady says.
 
Suddenly, our conversation is cut short by the sound of gunfire. Everybody runs from the direction of the shooting; the site empties within seconds. I am still filming a video on the site and my main concern is how to make it back to headquarters. I start walking back and after a few metres a colleague arrives on motorcycle to get me out. 
 
Later we learn that the Mayi-Mayi tried to attack the town, but were pushed back by soldiers from the national army. 
 
The United Nations Humanitarian Air Service plane is scheduled to collect us at noon, but it is unclear if it will be able to land. Finally it arrives at 2 p.m. As it takes off, I can only think of the people we had to leave behind. 
 
A week later, intense fighting broke out again in Dubie and some of the surrounding villages. This time the Mayi-Mayi reached the city, burned the army post and killed several civilians, resulting in the displacement of more people from their homes.
 
Carnet de voyage d’un humanitaire en RDC: Sous les balles dans le Katanga
 
(Province du Katanga, septembre 2012): En cette après-midi de septembre 2012, j’arrive à Mutabi, une petite cité en plein émoi de la province du Katanga. Quelques heures auparavant, plus de 22 000 personnes s’y étaient déversées, en provenance de la localité sœur de Dubie située à moins de deux kilomètres. La veille, nous dit-on, des combattants Mayi-Mayi – un groupe d’auto-défense - est passé par là, menaçant d’attaquer le village.
 
Le long de la petite piste d’atterrissage qui jouxte la paroisse catholique, la population s’est agglutinée pour assister à l’atterrissage de l’avion. Sans doute avec espoir que l’arrivée d’une équipe d’humanitaires vienne avec une « bonne solution » pour les personnes déplacées. L’équipe vient évaluer la situation et déterminer les besoins.
 
Trois jours plus tôt, plus de 20 000 personnes se sont déplacées sur l’axe Dubie – Shamwana, vidant une dizaine de villages à la suite d’affrontements entre l’armée nationale et les Mayi-Mayi. Toutes ces personnes déplacées s’étaient regroupées sur Dubie. Les déplacés vivraient dans le dénuement total, nombreux se seraient réfugiés dans des familles d’accueil, écoles ou églises.
 
A Mutabi, nous commençons par rencontrer quelques partenaires humanitaires et les autorités locales. Les constats sont quasi-identiques : les personnes déplacées ont besoin d’une assistance urgente. La difficulté : la population locale qui s’infiltre parmi les déplacés pour pouvoir bénéficier de l’aide humanitaire.
 
Nous nous installons à la paroisse catholique. C’est là que nous allons passer la nuit, trois personnes par chambre. Il n’y a pas d’électricité mais l’eau coule en permanence. Il n’y a pas de réseau téléphonique, la seule façon de communiquer avec l’extérieur reste le téléphone satellitaire. On en a un.
 
Très tôt le matin, nous sommes sur pied. Je suis de l’équipe qui doit se rendre à Kyona et Mungeti, deux villages à quelques kilomètres de Mutabi. La moto est le seul moyen de transport. Un convoi de quatre motos se met en route. La route est praticable mais la poussière gène la respiration et la vue.
 
A Kyona et Mungeti, les autorités locales ont désigné un site pour les déplacés qui s’attellent à construire leur case. Les sticks de bois existent mais il n’y a pas de paille pour la toiture. Les paysans ont mis le feu à la brousse en prévision de la prochaine saison culturale. « Si vous ne nous donnez pas de bâches, on ne saura pas habiter dans les cases. Nous sommes déjà en pleine saison des pluies », explique un déplacé.
 
Dans une école de Kyona, cinq familles – hommes, femmes et enfants – partagent une salle de classe. « La nuit, nous nous allongeons les uns à côté des autres. Pourvu que l’on ne dorme pas dehors », nous dit cet autre déplacé. Le directeur d’école nous affirme que, dès qu’il fait jour, les familles sortent pour laisser les enfants étudier. « Il n’y a aucun problème de cohabitation entre les déplacés et les activités de l’école », assure sans ironie le directeur.
 
De retour à Mutabi, nous discutons avec des déplacés et apprenons que certaines personnes locales vivent sur leur site. « Moi, j’habite la cité de Mutabi. C’est mon mari qui m’a demandé de venir aussi chercher une place sur le site car tout le monde y est », nous dit cette femme avec un baluchon sur la tête.
 
Tout d’un coup, les balles commencent à crépiter. C’est la débandade. Tout le monde court dans le sens opposé au bruit des balles. Le site de déplacés se vide en quelques secondes. Plus tard, on apprendra que c’était une tentative d’incursion des Mayi-Mayi, qui a été repoussé par des éléments de l’armée nationale.
 
Je traînais encore sur le site quand la fusillade a commencé, tournant une vidéo. Il fallait à tout prix rejoindre la paroisse. Je m’avançais d’un pas déterminé quand un collègue est arrivé avec un taxi-moto pour me récupérer.
 
Est-ce que l’avion UNHAS qui devait nous récupérer à la mi-journée pourra atterrir ? La question nous hantait. Près de trois heures plus tard, tout est revenu dans l’ordre. L’avion nous a récupéré vers 14 heures. En décollant, je pense aux sinistrés qui doivent rester.
 
Une semaine plus tard, une nouvelle attaque a eu lieu, causant des déplacements de populations. On a alors déploré des morts au sein de la population civile.
 
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