RDC: Le Choléra et la violence prolifèrent dans la province du Katanga

28 Oct 2013

Septembre 2013, Katanga, RDC. Le soleil se lève sur le lac Tanganyika à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Le lac est entaché de choléra, mais pour beaucoup de familles, il est la seule source d’eau. Source: OCHA/Gemma Cortes
Une épidémie de choléra dans la ville de Kalemie à l'est de la République Démocratique du Congo a été exacerbée par l'arrivée de milliers de personnes fuyant les flambées de violence. [Français - Anglais]

Comme le soleil se lève sur le lac Tanganyika à l’Est  de la République démocratique du Congo (RDC), des centaines de femmes descendent pour recueillir l'eau fraîche pour leurs familles. Elles remplissent leurs récipients et font un long retour à pied vers leurs villages.

C'est ainsi que le choléra se propage dans la province du Katanga. Cette maladie d'origine hydrique est endémique dans cette contrée. Plus de 11.000 cas ont été signalés depuis le début de l'année, et il y a quelques mois l’épidémie a couté la vie à 257 personnes. Au cours des quatre dernières semaines, plus de 300 cas ont été enregistrés.

Les organisations humanitaires se concentrent sur les campagnes de traitement et d'hygiène - information sur l'eau pour enrayer la propagation de la maladie. Environ  720.000 $ US ont été alloués sur  un projet biannuel dans la ville de Kalemie, situé sur les rives du lac Tanganyika. Ce projet fournit une eau potable à plus de 80.000 personnes. Le projet se focalise sur tous les facteurs qui limitent la propagation de la maladie : l'accès à l'eau potable à travers les points de chloration, l'assainissement et la sensibilisation sur l'hygiène.

«Depuis que j'ai commencé à utiliser le chlore, mes enfants n'ont plus de diarrhée ou des vomissements, et ils n'ont plus de douleurs à l'estomac », dit Esther Nyota , âgée de  20 ans  et mère de deux enfants, qui vit à Kamukolobondo , un quartier  de pêcheurs, très peuplé à la périphérie de Kalemie .

«Je peux maintenant purifier l'eau consommée par ma famille et faire la vaisselle avec l'espoir que les microbes ont été éliminés ».

Un financement supplémentaire est requis en urgence

Ce projet est financé par OCHA à travers le Fonds Commun Humanitaire (FCH). Le FCH est un fonds -pays qui collecte de l'argent de différents donateurs. Les Organisations Humanitaires peuvent, à leur tour, tirer de ces fonds pour s’assurer que les besoins urgents sont satisfaits rapidement et efficacement.

Cependant, les Organisations humanitaires évoluant dans la région demandent des interventions fortes des autres donateurs : Elles ont besoin d'une somme additionnelle de 1,9 millions de dollars pour mettre en œuvre des projets eau, hygiène et assainissement (WASH) dans la région.

Les Organisations Humanitaires disent que les récents affrontements entre l'armée congolaise et les Maï-Maï,  groupe Bakata Katanga d’une part et l’armée congolaise avec les groupes Maï Maï d'auto-défense populaires d’autre part, ont aggravé la situation du choléra, déplaçant des milliers de personnes qui vivent aujourd'hui dans des conditions précaires et dont l'accès à l'eau potable est limité.

Katanga a été considéré comme une partie relativement stable de la RDC. Certainement plus stable que les Kivus tumultueuses. Cependant, la prolifération des groupes armés dans la province au cours des dernières années a mis à mal cette réputation. Il y a maintenant 350.000 personnes déplacées au Katanga, dont 43.000 qui ont été déplacées au cours du premier trimestre de cette année.

Un mauvais assainissement aggrave toujours la situation

Charles Bisimwa coordonne les projets WASH des organisations humanitaires au Nord Katanga. Il a dit : « Les populations déplacées ont des besoins énormes. Nous sommes inquiets que les conditions bondées de personnes déplacées pourraient conduire à la propagation de la maladie ».

« Un mauvais assainissement aggrave toujours la situation sanitaire. Les zones les plus contaminées sont les quartiers pauvres où les conditions d'hygiène ne sont pas respectées, et où il n'y a pas accès à l'eau potable ».

Depuis le début de cette année, de nombreuses organisations humanitaires ont travaillé avec les autorités sanitaires locales pour élaborer des plans d'urgence en faveur des communautés touchées par le choléra à Kalemie, une ville de plus de 270.000 personnes. Dans le cadre de son projet biannuel sur la lutte  contre le choléra à Kalemie, la Croix-Rouge de la RDC a installé  66 points de chloration depuis Aout dernier.

Des bénévoles de la Croix-Rouge sont installés sur chaque point de chloration et y restent pendant 12 heures environ par  jour.  Leur tâche est d’ajouter du chlore dans l'eau que les gens puisent dans le lac. Environ 300 familles visitent chaque point de chloration tous les jours et ramènent en  moyenne 60 litres d'eau potable de qualité par famille.

Les autorités sanitaires de Kalemie, ont également mis en place un centre de traitement intensif du choléra à l'hôpital général.

Sensibiliser est crucial

Les points de chloration constituent la partie la plus visible du projet de la Croix -Rouge, mais ils ne sont qu'un élément d'une approche globale.

« Il est également important que ces activités s’accompagnent avec celles de sensibilisation auprès de la population », explique Kipo Amani, président de la Croix-Rouge au Katanga. « Nous allons de porte en porte pour informer tous les ménages au sujet du choléra, de l'importance des pratiques d'hygiène appropriées pour éviter la contamination et à cette occasion nous distribuons des brochures en langue locale, Kiswahili afin de prévenir la contamination. Chaque bénévole se rend dans huit familles différentes par jour "

Amurani Rose, âgée de 21 ans et mère de trois enfants, a déclaré: « Avec des séances de sensibilisation sur l’eau, l'hygiène et  l’assainissement, ma famille s’est approprié la lutte contre le choléra. Nous ne buvons que de l'eau traitée au chlore ou bouillie, et nous nous lavons les mains avec du savon avant de manger »

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