Mali: L’éducation relève progressivement la tête

15 May 2014

Décembre 2013, Tombouctou: Deux enfants en route vers l’école dans le nord du Mali. Crédit: MINUSMA/Marco Dormino
Des classes détruites et pas assez d’enseignants : ce sont les deux principaux obstacles auxquels des milliers d’enfants déplacés dans le nord du Mali doivent faire face.

La crise alimentaire et la violence ont empêché environ 800 000 enfants d’aller à l’école pendant ces deux dernières années, d’après le Département de l’Education malien.

La plupart des écoles ont été pillées ou incendiées, et 80% du personnel éducatif a fui vers le sud du pays. Malgré l’amélioration des conditions de sécurité dans le Nord ces derniers mois, la relance d’un système éducatif en lambeaux demeure une difficulté majeure.

« Le fait que tant d’enfants aient perdu leur droit à recevoir une éducation en raison de la crise de Janvier 2012 est inacceptable, » dit Mme. Ute Kollies, chef du bureau d’OCHA au Mali. OCHA continue de soutenir les autorités dans leurs efforts de plaidoyer, et de mobiliser les organisations humanitaires pour la réhabilitation des écoles, le retour des enseignants, et la réouverture de toutes les écoles avec les outils nécessaires à l’apprentissage dans le nord du Mali.

« J’ai encouragé les parents à s’investir dans les réparations de quelques écoles afin que les enfants puissent apprendre dans des conditions acceptables, » dit Achkounine Ag Idalyallah, directeur de l’Académie d'Enseignement de Ménaka, dans la région de Gao. Ses efforts ont permis à 8000 enfants de retourner à l’école mais, explique-t-il, il faut mobiliser davantage pour que toutes les écoles détruites soient remises en route et pour que des enseignants qualifiés retournent dans leurs salles de classes.

Yehiya Intalkass est un conseiller éducatif à Ménaka. Il regrette qu’en dépit des primes monétaires promises par le gouvernement pour le retour des fonctionnaires, plus de 20% du personnel enseignant n’est soit pas encore rentré au nord, notamment dans les zones où les conditions de sécurité sont encore problématiques.

« Beaucoup d’écoles pourraient ouvrir s’il y avait des enseignants, » déplore M. Intalkass. 

En mars 2014, à Gao et à Tombouctou, 77% des écoles ont rouvert. Cependant, à Kidal, seules 7 écoles sur les 62 qui existaient avant la crise sont opérationnelles.

Pour aider à reconstruire le système éducatif dans le nord, les partenaires humanitaires (y compris UNICEF, International Rescue Committee, et LuxDev) ont distribué des kits scolaires et plus de 1500 pupitres scolaires à au moins 157 écoles.

Ils ont également formé plus de 1200 enseignants en compétences psycho-sociales afin qu’ils puissent apporter le soutien nécessaire aux d’enfants touchés par la crise et pour la promotion de la paix dans le programme scolaire. 

Rien que dans la région de Ménaka, 53 écoles ont reçu des pupitres et 50 enseignants ont eu des formations.

M. Idalyallah dit que ce soutien « a redonné espoir aux élèves et aux parents qui pensaient ne jamais retourner à l’école. »

Mon plus grand souhait, c’est que tous les enfants de ma communauté puissent retourner à l’école, » dit-il. C’est un but vers lequel on ne cesse d’avancer : les agences de l’ONU estimaient en mars déjà que 80% des enfants dans le nord du Mali étaient retournés à l’école.