Niger: Les autorités relocalisent les populations menacées par les inondations

Niamey, 19 august 2012: Heavy rains overnight flooded homes and streets. Credit: OCHA/Franck Kuwonu
La préparation aux désastres peut-elle éviter d'autres inondations catastrophiques? [Français - Anglais]

Le Niger pourrait encore avoir affaire à de graves inondations, quelques mois à peine après celles du mois d’août dernier. Et s’il n’y a guère de doute que Tillabéry, Dosso et Niamey  se retrouveront les pieds dans l’eau dans les semaines qui viennent, les autorités ont pris la mesure des choses et semblent, cette fois-ci, mieux préparées à toute éventualité.

L’Autorité du Bassin du Niger (ABN) avait longtemps prévenu que le niveau des eaux du fleuve atteindrait le seuil d’alerte de 530 cm début décembre à Niamey. L’eau continuerait de monter, ajoute l’ABN, mettant en péril la sureté des personnes et des biens. Et si tous les cinq arrondissements de la ville sont à risque, Harobanda, dans le 5ième arrondissement, est encore plus exposé. Plus de 10000 personnes y avaient été affectées  par les inondations du mois d’août. Le Gouvernement nigérien les encourage donc à évacuer les lieux et à accepter d’être relocalisées de manière temporaire.

« Nous savons ce qui va se passer, quand cela va se passer. Et puisque l’on dit qu’il vaut mieux prévenir que guérir, nous devons agir maintenant et rapidement », a déclaré Kané Aichatou Boulama, la Gouverneure de Niamey  il y a une dizaine de jours.

Ainsi, les autorités locales ont-elles commencé à relocaliser les familles sur un site capable d’en accommoder deux milliers dès le 8 décembre. Près de 50 familles y sont déjà installées, le reste est attendu d’ici le 15 décembre. Assis autour d’un plat de riz à la sauce tomate et à l’entrée d’une des tentes offertes par Shelterbox, Moussa, ses deux femmes et six enfants viennent d’arriver.

« Je suis plutôt content», dit-il. « Il vaut mieux être sous une tente ici que de continuer à vivre dans l’eau là-bas. Nous venons à peine d’arriver et je n’ai aucune raison de me plaindre. »

Moussa et sa famille font partie des 200 premières familles à s’installer sur le site que les organisations humanitaires continuent d’aménager. L’UNICEF et Shelterbox international contribuent à la fourniture d’ abris, OXFAM aide à l’hygiène et assainissement, l’OIM organise le transport des familles, et OCHA travaille avec le Gouvernorat à la coordination et à la gestion de l’information.

A l’arrivée, chaque famille reçoit un sachet de vivres composé de sucre, d’huile, de lait et de gari, ainsi qu’une somme d’argent de 30.000 FCFA.

« Juste pour répondre à leurs besoins immédiats en nourriture », explique Seini Seydou de la Mairie d’Harobanda.

Une centaine de personnes avaient perdu la vie et des milliers d’autres personnes ont du évacuer leurs maisons à la suite des inondations du mois d’août dernier. Près d’un demi-million de personnes avait ainsi directement été affecté par les intempéries à travers le pays. Il est impossible de prédire le nombre de personnes qui seront touchées par les inondations du mois de décembre. Mais il est certain qu’une partie des victimes des inondations d’août seront à nouveau affectées. Elles sont retournées vivre aux mêmes endroits qu’elles avaient dû abandonner.

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