Mali: des quartiers dépeuplés par les inondations

20 Sep 2013

Août 2013, Ségou, Mali: Une famille récupère quelques bien de leur maison inondée dans le centre du Mali. De fortes pluies en août ont déplacé plus de 10,000 personnes. Nombreux sont ceux qui vivent encore dans des abris temporaires. Crédit: OCHA/Diakridia Dembele
Des milliers de personnes ont été contraintes de quitter leurs foyers dans le centre du Mali, à Ségou. Les autorités locales et les organisations humanitaires sont inquiètes des risques potentiels en matière de santé. [Français - Anglais]

De fortes pluies dans la région de Ségou, au centre du Mali, ont contraint les populations à fuir leur maison. De nombreux quartiers se sont ainsi vidés avec  les familles parties à la recherche de refuges.  Plus de 175 concessions ont été complétement détruites et près de 700 ménages ont été touchés par les pluies du 11 août.

« J’ai habité pendant 30 années dans le village de Bozo Doga et c’est la première fois que j’ai vécu une telle inondation, » a déclaré  Nana Tapo, une des victimes. « Je vis dans cette salle de classe depuis quatorze jours,  avec mon mari, mes neuf enfants et neuf autres personnes y compris mes petits-enfants.»

Nana Tapo et sa famille vivent encore dans l’école, plus d’un mois après s’y être réfugiés.

En tout, ce sont plus de 10,700 personnes qui ont été touchées par les inondations entraînées par les fortes pluies du 9 au 12 août.  Malick Ouédraogo, chef de quartier de Bozo Doga, explique que les victimes des inondations ont encore besoin de beaucoup de soutien.  « C’est un devoir pour les familles de partager le peu de ressources qu’elles ont avec ceux qui ont tout perdu, » dit-il.

« (Mais) ce qui est encore plus préoccupant, c’est que ces personnes ne s’étaient pas encore remis de la mauvaise saison agricole qu’ils ont connue l’année dernière. Nous avons besoin d’urgence de vivres, de nattes et de moustiquaires. »

Les quinze salles de classe du quartier bloc 40 accueillent environ 300 personnes sinistrées. Ces sinistrés ont perdu 50 hectares de riz et d’oignons. Ils ont déjà bénéficié d’une première assistance modeste en moustiquaires, nattes, bâches, ustensiles de cuisine et vivres fournis par les autorités locales, fournis par la direction de la protection civile, quelques bonnes volontés et l’ONG ACTED en partenariat avec l’UNICEF.

« L’aide que nous avons reçue est insuffisante pour couvrir les besoins de toutes les personnes affectées par les inondations mais nous nous sommes assurés que chaque sinistré reçoive au moins quelque chose, » a confié Demba Coulibaly, chef du quartier de Falada qui accueille les victimes des inondations.

Préoccupations quant au long terme

« Tous les quartiers sinistrés se situent au bord du fleuve. En plus de la culture du riz, les populations comptaient sur la pêche pour vivre et pour acquérir des revenus mais une grande partie du matériel de pêche a été emportée par l’eau.

« Nous avons besoins de plus de vivres mais aussi d’appui pour relancer la pêche et d’autres activités pouvant générer des revenus, » explique Salimata Sanogo, une cinquantaine d’année et mère de quatre enfants.

L’inquiétude grandit également quant aux conditions sanitaires comme beaucoup de sources d’eau ont été exposée à une contamination.  A ceci s’ajoute l’approche de la réouverture des classes prévue en octobre, après trois mois de congé.

« Mon principal souci, c’est la précarité des conditions d’hygiène et les risques de maladies qu’elle peut engendrer, » dit Maky Bah, le maire de la commune rurale de Sirifini Boundy , un des quartiers inondés.

« J’appelle les bonnes volontés à nous appuyer pour sensibiliser les communautés sur les risques et mettre à leur disposition des moyens leur permettant d’améliorer rapidement l’assainissement. Malgré l’aide qui est déjà donnée aux sinistrés, les besoins restent énormes. Plus de vivres, de moustiquaires sont nécessaires, » souligne-t-il.

OCHA suit l’évolution de la situation avec les autorités ainsi que  les organisations humanitaires et fait partie du groupe de travail sur les inondations au niveau national. OCHA, en collaboration avec le directorat national de la protection civile, fourni aux acteurs humanitaires et à leurs partenaires des informations sur l’ampleur des besoins et la nécessité de mobiliser rapidement les ressources nécessaires pour assister les populations affectées.

Lire le titre en Anglais >>