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Inondations au Niger: Investir dans la prévention

15 Dec 2017
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Une vue des petits enfants de Hadiza assis sous un tronc d’arbre dans la cour de la maison d’Hadiza, qui a était construite en argile car elle n'a pas les moyens de reconstruire. Crédit: OCHA

Chaque année, à l’approche de la saison des pluies, Hadiza Bambara angoisse. La femme de 75 ans, qui a neuf personnes à sa charge, n’a pas oublié cette longue nuit pluvieuse où elle et sa famille ont échappé à la mort dans l’effondrement de leur maison.

« J’ai été alertée par les cris de ma petite fille lorsqu’un morceau de terre tombé du toit l’a réveillée » explique-t-elle. « J’ai sursauté au cœur de la nuit, et tout de suite, j’ai eu le réflexe d’évacuer la maison » ajoute-t-elle.

Hadiza vit à Nénégoungou, une bourgade située sur une île du fleuve Niger à une vingtaine de km de Niamey, la capitale du Niger. Malgré les risques liés aux fortes pluies saisonnières caractéristiques du climat sahélien, la maison d’Hadiza était construite en argile, une matière peu résistante à l’eau. Aujourd’hui, Hadiza et ses proches vivent dans un abri de fortune. « Je n’ai pas les moyens de reconstruire cette maison, le peu de pécules dont je dispose et l’aide de bonnes volontés me servent en priorité à nourrir ma famille, » souligne-t-elle. « Mon souhait le plus ardent est d’avoir un toit résistant aux intempéries où je pourrais vivre en toute dignité avec ma famille » martèle-t-elle.

Hadiza n’est pas la seule à avoir tout perdu. Selon le Chef du village de Nénégoungou, Marou Issoufou, les inondations ont gravement affecté les moyens de subsistance de nombreux habitants de la région : champs et pâturages détruits, perte d’animaux d’élevage, etc. « Hélas, si rien n’est fait pour retenir les eaux du fleuve, cette situation se reproduira encore l’année prochaine » prévient-il.

S’attaquer à la source du problème

Cette année, les acteurs humanitaires ont fourni une aide d’urgence à plus de 9000 sinistrés en matière de vivres, abris et articles ménagers essentiels. Mais cela n’est pas suffisant selon Dieudonné Bamouni, Chef de Bureau d’OCHA Niger, pour qui tous les partenaires – humanitaires et acteurs de développement – doivent redoubler d’efforts aux côtés des autorités pour couvrir à la fois les besoins urgents des victimes des inondations et prévenir de façon durable ces catastrophes. « Un dollar investi dans la prévention équivaut à dix dollars économisés dans la réponse. Comme le dit le dicton, mieux vaut prévenir que guérir ! » souligne-t-il.


Une vue de la maison de Hadiza après les dégâts causés par les pluies. Crédit: OCHA

D’importantes mesures de prévention

Le quart des personnes affectées cette année par les pluies diluviennes et la montée des eaux du fleuve Niger - soit environ 50 000 personnes -vivent dans la région de Niamey.

Le Gouvernement du Niger, avec l’appui de ses partenaires, travaille à trouver des solutions durables aux inondations récurrentes. Dans le cadre de ses efforts, il a inauguré début novembre une digue de protection à Goudel dans la commune Niamey I. Cette structure devrait permettre de protéger environ 30 000 personnes contre les inondations dans plusieurs quartiers de la ville.

En avril 2017, le Gouvernement a aussi adopté un décret pour interdire les constructions dans les zones à haut risque d’inondation. Cependant, à ce jour, de nombreuses familles continuent de vivres dans ces localités.

Selon Idé Harouna, Secrétaire Permanent du Dispositif National de Prévention et de Gestion des Catastrophes et Crises alimentaires pour la région de Niamey, il est urgent de prendre des dispositions pour que la mesure d’interdiction soit effectivement appliquée. « Cela permettra l'écoulement normal des eaux vers les canaux appropriés et réduira le nombre de sinistrés » avance-t-il.