Transition entre les actions humanitaires et le développement

Renforcement des liens humanitaire/développement

Les besoins humanitaires au Tchad découlent de multiples défis structurels de développement, d’une pauvreté chronique et de chocs successifs survenus dans le pays qui exposent les populations à des crises humanitaires récurrentes, exacerbant leurs vulnérabilités et affectant leur capacité de résilience. L’extrême pauvreté et les inégalités, l’accès limité aux services de base, la dégradation de l’environnement, le changement climatique et la croissance démographique plus rapide que la croissance économique et le progrès agricole, auxquels se rajoutent les chocs venus des pays voisins, expliquent en partie la persistance des situations humanitaires dans le pays. Dans ce contexte de pauvreté chronique et de faible développement humain, l’action humanitaire, ne peut être efficace sans une programmation intégrée humanitaire – développement

L’analyse des besoins humanitaires au Tchad, essentiellement basée sur les trois crises majeures à savoir l’insécurité alimentaire et la malnutrition, les mouvements de populations et les urgences sanitaires, a permis de mettre en évidence les causes profondes génératrices des besoins humanitaires multisectoriels qui exposent les populations à une vulnérabilité aigüe ou chronique.

Pour répondre efficacement à ces problématiques, la communauté humanitaire s’est dotée d’un cadre de réponse pluriannuel couvrant la période de 2017-2019 aligné à l’UNDAF 2017-2021 (United Nations Development Assistance Framework – Plan cadre des Nations Unies pour le développement), lui-même ancré sur le Plan national de développement du Tchad (PND 2016-2020).  Ce cadre permettra d’engager des actions humanitaires et d’impliquer davantage les acteurs de développement et le Gouvernement dans la réduction progressive des vulnérabilités identifiées au sein des populations tchadiennes grâce à un diagnostic commun des problèmes de développement et leurs effets sur la persistance des crises humanitaires.

Cette stratégie est axée sur trois objectifs stratégiques : i) sauver et préserver la vie et la dignité des populations affectées, ii) réduire la vulnérabilité des populations affectées à travers le renforcement de la résilience et iii) contribuer à la protection des populations vulnérables et renforcer la redevabilité envers les populations affectées.

A cet effet une feuille de route a été convenu avec les acteurs de développement sur six point essentiel à savoir :

1. S'assurer que la réponse humanitaire s’inscrit dans une perspective de moyen-long terme dès le départ.

2. Valoriser les activités multisectorielles pour dépasser la rigidité des clusters.

3. Encourager la coordination et la complémentarité entre les bailleurs et les acteurs.

4. Promouvoir des activités de développement socio-économiques.

5. Impliquer les autorités nationales, locales et traditionnelles dans toutes les phases des projets.  

6. Expériences pilotes concrètes et opérationnelles, avec une approche de partenariat au niveau thématique

Les recommandations ont été présentées et discutées.  

Dans cette optique, la communauté humanitaire travaillera avec les acteurs de développement et le Gouvernement afin de mieux articuler une programmation intégrée dans certaines zones et encourager les interventions humanitaires conjointes et intégrées dans les mêmes espaces géographiques en complémentarité avec celles des acteurs de développement de sorte à garantir un continuum pour maximiser l’impact des ressources disponibles.