Aid Worker Diary: Saving lives as life begins

1 June, 2012
Mother and child in northern CAR. Credit: UNICEF
Mother and child in northern CAR. Credit: UNICEF

“Help! Help! Evariste, Evariste, please open the door!”

Early on the morning of 17 December 2011, Evariste Dindaye was woken by a man’s hysterical shouting. When Evariste opened his door, the panic-stricken man blurted out: “My wife is about to have a baby and she’s in excruciating pain! Please come quickly!”

Evariste Dindaye is the Deputy Chief of Koum Bam 1 health post in the north western prefecture of Ouham Pende in the Central African Republic (CAR). Some 430,000 people live in Ouham Pende and their access to healthcare is very limited. In the CAR as a whole, there is only one health worker for every 7,000 people and less than 30% of people have access to health facilities. In most villages, health workers and community leaders need basic medical training

When Evariste arrived at the health post, 34 year old Jacqueline* was about to deliver her thirteenth child.

“She was lying on the veranda in obvious pain. I immediately brought her in for examination,” recalls Evariste. “The matron’s office was closed and the head of the health post had gone to Bocaranga to get medical supplies. She was losing blood, and I was afraid because the reference criteria for bleeding during pregnancy indicated that she needed to be referred urgently to the Bocaranga hospital. Unfortunately, all the people who provide transport had gone to a local market with their motorcycles, and we had no way to contact them.  

“We did our best to control the bleeding, and at around 10:00 am, Jacqueline gave birth to a boy weighing nearly 3.5 kg, alive and well. After the placenta was removed, the bleeding worsened. This was very frightening as I had never experienced this situation before.

“I feared that she was dying in front of me. Her blood pressure was already very low and I knew that if she was not taken to the hospital in Bocaranga, she had little chance of survival.”

According to recent statistics, the maternal mortality rate in the CAR has deteriorated from 850 to 890 deaths per 100,000 compared to an average of 500 in Sub Saharan Africa as a whole. Infant mortality is also ranked at 112 deaths per 1,000 births compared to the regional average of 77.

“At 11:15 am, an International Rescue Committee (IRC) vehicle arrived, bringing a midwife,” says Evariste.

“After examining Jacqueline, she said the bleeding was caused by a tear during delivery. She controlled the bleeding and with Jacqueline in a state of severe shock, but partially stabilized, we made the one-hour trip to Bocaranga on very dirty and rough roads. When she arrived, Jacqueline immediately had surgery to stop the bleeding. This prompt and effective medical assistance saved her life.

“Because of the training I received from the IRC over the past year, I was able to remain calm and help the mother during the delivery,” Evariste concluded. “Otherwise, I believe I would have panicked in that situation. By God’s grace the mother and child are alive and well today.”

This life-saving intervention took place at a remote health post where training is limited and mothers routinely die in childbirth. The training Evariste received was basic and appropriate for a small health facility with very limited resources; but it was enough on this occasion to stabilize the patient long enough to reach a better-equipped facility where better care was available. The midwife at the health post had also received IRC training, funded by the United Nations Common Humanitarian Fund, which provides flexible and targeted help to vulnerable people affected by conflict. IRC trained nineteen health staff working with 15 clinics in Ouham Pende prefecture.

“None of this training would have been possible without the funding provided by the CHF,” says Leland Montell, IRC Country Director in the CAR.

“Unfortunately this funding has now ended and the training programme closed in May. Health care in the CAR is truly a crisis, and we hope very much that we will be able to start a new training programme later this year when funds become available. The lives of mothers and their newborn children depend on our help.”

Reporting by Laura Fultang, Information Officer, OCHA CAR


* Name has been changed to preserve anonymity.

 

Journal d’un travailleur humanitaire: sauver des vies lorsque la vie commence

 
«Au secours! Au secours! Evariste, Evariste, s'il vous plaît ouvrez la porte!»
 
Tôt le matin du 17 décembre 2011, Evariste Dindaye a été réveillé par les cris hystériques d'un homme. Lorsqu’Evariste a ouvert la porte, l'homme pris de panique s’est écrié: «Ma femme est sur le point d'avoir un bébé et elle a des douleurs atroces! S'il vous plaît, venez vite!»
 
Evariste Dindaye est le chef adjoint du poste de santé du village Koum Bam-1 situé dans la préfecture de l’Ouham-Pendé dans le nord-ouest de la République Centrafricaine (RCA). Quelque 430.000 personnes vivent dans cette préfecture avec un accès très limité aux soins de santé. Dans toute la Centrafrique, on compte un seul agent de santé pour 7.000 personnes, et moins de  30% de la population a accès à des infrastructures sanitaires. Dans la plupart des villages, les travailleurs de la santé et les chefs de communautés manquent de formation médicale de base. 
 
Quand Evariste est arrivé au poste de santé, Jacqueline*, 34 ans, était sur le point d’accoucher de son treizième enfant.
 
«Elle était couchée sur la véranda et se tordait de douleur. Je l'ai immédiatement examinée », se souvient Evariste. « Le bureau de l'infirmière en chef était fermé et le chef du poste de santé s'était rendu à Bocaranga pour s’approvisionner en fournitures médicales. Elle perdait beaucoup de sang et j’étais inquiet parce que les critères de référence pour les saignements lors d’une grossesse indiquaient qu'elle devait être transférée urgemment à l'hôpital Bocaranga. Malheureusement, toutes les personnes qui assurent le transport s’étaient rendues à un marché local avec leurs motos et nous n'avions aucun moyen de les contacter.»
 
«Nous avons fait de notre mieux pour limiter le saignement et vers 10h00, Jacqueline a donné naissance à un garçon en bonne santé pesant près de 3,5 kg. Après que le placenta ait été retiré, l'hémorragie s'est aggravée. C’était très effrayant car je n’avais jamais vécu une telle situation avant.»
 
«J’ai cru qu’elle allait mourir sous mes yeux. Sa pression sanguine était déjà très faible et je savais que si on ne la transférait pas à l'hôpital de Bocaranga, elle avait peu de chance de survivre.» 
 
Selon des statistiques récentes, le taux de mortalité maternelle en RCA s'est détérioré, passant de 850 à 890 décès pour 100,000, et ce par rapport à une moyenne de 500 dans toute l’Afrique sub-saharienne. La mortalité infantile se chiffre à 112 décès pour 1.000 naissances par rapport à la moyenne régionale de 77.
 
«A 11h15, un véhicule de l’International Rescue Committee (IRC) est arrivé avec une sage-femme à bord», dit Evariste.  « Après avoir examiné Jacqueline, elle a dit que le saignement avait été causé par une déchirure  lors de l'accouchement. La sage-femme a pu contrôler l'hémorragie et Jacqueline était encore en état de choc sévère, mais partiellement stabilisée. Nous avons fait le voyage d'une heure jusqu’à Bocaranga sur des routes très difficiles. Quand elle est arrivée, Jacqueline a immédiatement subi une intervention chirurgicale pour arrêter l’hémorragie. Cette assistance médicale prompte et efficace lui a sauvé la vie. »
 
«Grâce aux formations que j'ai reçues de la part de l'IRC cette année, j'ai  réussi à garder mon calme et  à aider cette mère pendant son accouchement,» a conclu Evariste. «Sinon, je pense que j'aurais paniqué dans cette situation. Par la grâce de Dieu, la mère et l'enfant se portent bien aujourd'hui.» 
 
Cette intervention qui a sauvé une vie a eu lieu dans un poste de santé éloigné où la formation est limitée et les mères meurent régulièrement en couches. La formation reçue par Evariste était basique et appropriée pour un établissement de santé aux ressources limitées, mais suffisante à cette occasion pour stabiliser la patiente jusqu’à son arrivée à un centre de santé mieux équipé et offrant de meilleurs soins. La sage-femme du poste de santé avait également reçu une formation de l’IRC, financée par le Fonds Humanitaire Commun des Nations Unies, qui permet de fournir une assistance ciblée et flexibles aux populations vulnérables affectées par le conflit.
 
L’IRC a formé 19 personnels de santé qualifiés qui travaillent dans 15 cliniques de la préfecture de l'Ouham-Pendé. «  Aucune de ces formations n’aurait pu voir le jour sans le financement fourni par le CHF», selon Leland Montell, le Directeur Pays de l’IRC en Centrafrique.
 
«Malheureusement, ce financement est maintenant terminé et le programme de formation a fermé en mai. Les soins de santé en RCA sont en crise, et nous espérons vivement que nous serons en mesure de commencer un programme de formation pendant le courant de l’année lorsque de nouveaux fonds seront disponibles. Les vies de nombreuses mères et de leurs nouveau-nés dépendent de notre aide.»