République Démocratique du Congo: Réponse collective necessaire pour l’Est de la RDC

21 October, 2013
Septembre 2013, Katanga: Un garçon transportant de l'eau à un des nombreux points de chloration etablis par les agences humanitaires pour lutter contre le cholera dans l'Est de la RDC. Credit: OCHA/Gemma Cortes
Septembre 2013, Katanga: Un garçon transportant de l'eau à un des nombreux points de chloration etablis par les agences humanitaires pour lutter contre le cholera dans l'Est de la RDC. Credit: OCHA/Gemma Cortes

Les directeurs des services d’urgence de huit des plus importantes organisations humanitaires ont entamé aujourd’hui en République Démocratique du Congo (RDC) pour une visite de quatre jours afin d’évaluer l’une des crises humanitaires la plus longue et la plus complexe du monde.

La délégation, conduite par le directeur des opérations du Bureau de la coordination des affaires humanitaires, John Ging, comprend comprenant six autres agences et une organisation non-gouvernementale : Le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (l'UNICEF), le Programme Alimentaire Mondiale (PAM), le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR), l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), l’Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO), l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), et Mercy Corps.

La délégation doit se rendre dans les provinces orientales du Nord- et Sud-Kivu - “les Kivus”-  où les organisations d‘aide humanitaire s’évertuent depuis des années à aider les millions de personnes affectées par les conflits, la violence, et un sous-développement chronique.  Les Kivus abritent plus de 1,6 millions de personnes déplacées internes – ou 60 % des  2,7 millions de gens qui ont fui leur maison.

Violence, mines et plus d’un million de personnes déplacées

Pour les membres de la délégation, la RDC figure parmi leurs plus grandes opérations.

« La crise complexe et multidimensionnelle en RDC ne peut se résoudre que par une action collective.  Cette visite veut réaffirmer que nous sommes persuadés qu’ensemble nous pourrons soulager la souffrance humaine, sauver des vies, et restaurer la paix et la dignité, » a déclaré Barbara Shenstone, Directrice du bureau de l’OCHA en RDC.

La visite survient alors que le Nord-Kivu subit un nouveau cycle de violence depuis mai 2012 où un nouveau groupe armé- le M23- est apparu. Près de 700 000 personnes ont fui leurs habitations depuis mai, gonflant ainsi le nombre total de personnes déplacées internes à plus d’un million. Depuis deux décennies, la province est l’objet de troubles, et est souvent citée pour les graves violations des droits de l’homme. Les différentes groupes armés se disputent le contrôle des carrés miniers et ces années d’instabilité ont profondément affecté son développement socioéconomique.

Le Sud-Kivu est le  reflet de son voisin du nord. Des groupes armés parcourent la province en se battant pour obtenir le contrôle des terres ou pour éviter l’affrontement avec l’armée nationale; plus de 591 000 personnes ont été déplacées par le conflit. Ces dernières années les maladies d’origine hydrique comme le choléra constituent un problème majeur de santé publique. Comme dans le nord, les organisations humanitaires doivent faire face à l’insécurité et aux mauvaises routes pour assurer la livraison de l’aide.

L’Armée de Résistance du Seigneur

D’autres parties du vaste pays d’Afrique centrale, de 70 million d’habitants sont aussi embourbées dans des crises humanitaires. La province Orientale, situé dans le nord-est, a vu en septembre une flambée d’hostilités entre des groupes armés et les forces nationales qui ont déclenché le déplacement interne de plus de 80,000 personnes.

La province, qui a des frontières communes avec la République centrafricaine, le Soudan du Sud et l’Ouganda, est aussi la base arrière de l’Armée de Résistance du Seigneur (ARL). Selon la dernière mise à jour, LRA Regional Update, il y aurait eu 30 attaques de l’ARL dans la province orientale au cours de la première moitié de 2013 où au moins quatre personnes auraient été tuées et sept enlevées. En tout, il y a 500 000 personnes déplacées dans les régions où sévit la LRA.

La RDC n’est pas oubliée

Cette visite est un signe de l’engagement continu de la communauté internationale, a indiqué Shenstone.

« Ces visites montrent que la RDC n’a pas été abandonnée en dépit de la complexité de sa longue crise », a déclaré Mme Shenstone.

En janvier, les organisations d’aide humanitaire ont réclamé US$ 892 millions, mais n’en ont reçu que 557 millions $.

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