RDC: l’ONU et ses partenaires auront besoin de 832 millions de dollars US en 2014

7 February, 2014
Fevrier 2013, Katanga, RDC: Ces enfants sont scolarisés via un projet financé par le Fonds Commun dans la Province du Katanga, Est de la RDC. Credit: OCHA/Gemma Cortes
Fevrier 2013, Katanga, RDC: Ces enfants sont scolarisés via un projet financé par le Fonds Commun dans la Province du Katanga, Est de la RDC. Credit: OCHA/Gemma Cortes

Les représentants du Gouvernement, les Nations Unies et les partenaires humanitaires ont lancé le 6 février dernier un plan d’action humanitaire de 832 millions de dollars US pour la République Démocratique du Congo (RDC) – où sévit l’une des plus longues crises humanitaires du monde.

Au cours des prochains douze mois, les organismes humanitaires projettent, entre autres, de s’occuper de la malnutrition et de ses conséquences; d’améliorer l’accès à l’eau et à l’hygiène pour atténuer l’apparition de maladies hydriques telles que le choléra ; et d’améliorer l’éducation et l’accès aux services de base.

Le montant requis par les organismes humanitaires pour accomplir ce plan - 832 millions de dollars US – est inférieur de 60 millions de dollars US à ce qu’ils avaient demandé en 2013.

“La baisse de nos estimations financières pour 2014 ne signifie pas qu’il y a moins de besoins sur le terrain,” a dit lors du lancement Moustapha Soumaré, Coordinateur humanitaire pour la RDC. “Nous devons être conscients que les besoins humanitaires vont demeurer considérables en RDC en 2014.”

Accent principal sur la nourriture, l’eau et la santé

Les experts en nutrition estiment qu’environ 6,7 millions de personnes n’ont pas assez à manger. Ils ont demandé 256 millions de dollars US pour fournir une aide alimentaire de première nécessité et une assistance agricole.

Le plan de 2014 souligne aussi l’importance des projets d’accès à l’eau potable, d’assainissement et d’hygiène. L’année dernière, plus de 27 000 cas de choléra, une maladie provoquée par le manque d’accès à l’eau potable et aux services sanitaires de base, ont été enregistrés. Il s’est aussi produit régulièrement des épidémies mortelles de rougeole et des milliers de cas de paludisme.

“Le Plan 2014 nous montre à quel point les défis sont importants,” a déclaré Fabienne Chassagneux, responsable de l’ONG internationale Mine Action Group en RDC et qui représentait les ONG au lancement du plan.

Le nombre de personnes déplacées  atteint son plus haut niveau en cinq ans

Il est bien évident que la réponse humanitaire ne se limite pas aux vivres, à l’eau et aux soins de santé. En 2013, les violents conflits a fait grimper le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays à plus de 3 millions – son plus haut niveau depuis 2009. Les spécialistes de l’éducation et de la protection de l’enfant continuent de dénoncer l’utilisation des écoles comme abris pour les personnes déplacées, une pratique qui empêche des milliers d’enfants d’aller en classe.

Toutefois, en 2013, les donateurs ont répondu avec 730 millions de dollars US à l’appel humanitaire de la RDC – 80 pourcent des 892 millions de dollars US demandés. Cet argent a permis, entre autres, aux agences humanitaires du Katanga de combattre une épidémie de choléra. Cela a permis au Programmme Alimentaire Mondial (PAM) et à ses partenaires de fournir plus de 90,000 tonnes de nourriture à 2 millions de personnes.  Cela a permis aussi de vacciner 15 millions d’enfants contre la rougeole.

Le Katanga, une région préoccupante

Alors que le Nord et Sud Kivu ont été historiquement au centre de la crise humanitaire en RDC et de l’attention internationale, l’année 2014 a commencé par une préoccupation croissante pour la province sud du Katanga.

Depuis mars 2011, le nombre de personnes déplacées au Katanga s’est multiplié par huit: de 51 000 à plus de 400 000 à nos jours. Dans les territoires du nord de Manono, Mitwaba et Pweto, connus tristement sous le nom de « triangle de la mort », il y a eu régulièrement de violentes attaques contre les populations civiles.

Cette insécurité affecte aussi les opérations d’aide humanitaire car les convois  doivent souvent passer par la Zambie pour atteindre ces régions. En 2013, on a aussi enregistré presque 14 000 cas de  choléra; plus de la moitié du nombre total de cas dans le pays.

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