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A propos d'OCHA au Tchad

Le Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA) au Tchad a été établi en septembre 2004 par le Coordonnateur des Secours d'Urgence des Nations Unies à la suite d’un afflux de 200 000 personnes du Soudan (Darfour) entre 2003 et 2004, nécessitant une réponse humanitaire d’envergure.

Le rôle du Bureau OCHA au Tchad est :

  1. d’appuyer et faciliter le travail du Coordonnateur Humanitaire et de l’Equipe Humanitaire Pays. OCHA contribue ainsi à coordonner la réponse humanitaire en appui aux efforts du Gouvernement pour répondre, de façon appropriée et en temps opportun, aux besoins des populations affectées par les urgences humanitaires, telles que les catastrophes naturelles (inondations, sécheresse, etc.), les épidémies, les déplacements forcés, et les crises alimentaires et/ou nutritionnelles ;
  2. de recueillir, analyser et faciliter le partage de l'information avec les acteurs humanitaires pour une meilleure planification et mise en œuvre des interventions, en s’assurant que cette information soit accessible à tous ;
  3. de collaborer étroitement avec toutes les organisations ainsi qu’avec le Gouvernement pour la préparation des plans de réponse humanitaire ;
  4. d’appuyer le plaidoyer de la communauté humanitaire pour la mobilisation des ressources nécessaires à la réalisation des activités.

 

Le Tchad fait face à trois crises interconnectées : l’insécurité alimentaire et la malnutrition, les mouvements de population et les urgences sanitaires.  Particulièrement exposé aux risques et aléas climatiques, le Tchad fait partie des pays les plus fragiles au monde selon l’INDEX INFORM 2020, se classant à la 7ème place1. Au total, 5,3 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire dans le pays, soit une personne sur trois.  Ces besoins sont aggravés par des défis structurels de développement, des capacités locales insuffisantes, une forte pauvreté et des chocs successifs qui exacerbent les vulnérabilités des populations. La dégradation de l’environnement et le changement climatique, auxquels se rajoutent les conséquences des conflits dans le Bassin du Lac Tchad et les pays voisins, ainsi que des difficultés économiques, sont autant de facteurs conjoncturels qui expliquent l’apparition et la persistance de crises humanitaires et de situations d’urgence dans le pays.
 

L’insécurité alimentaire et la malnutrition

Près d’un tiers des ménages sont en situation d’insécurité alimentaire en raison de l’indisponibilité ou de l'accès difficile à une alimentation de qualité, d’une utilisation inadaptée de certains aliments et d’un approvisionnement des marchés fluctuant dans certaines localités. La période de soudure, entre deux récoltes de juin à septembre, est particulièrement critique pour de nombreux ménages.  En 2020, plus de 4,5 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire, principalement dans la zone sahélo-soudanienne, requérant une assistance alimentaire via la distribution de vivres ou de cash, assortie d’un appui aux moyens d’existence. Les capacités limitées de production et d’élevage, les effets du changement climatique, les difficultés économiques, les difficultés d’approvisionnement des marchés, parfois dépendant de denrées extérieures, et des ressources naturelles insuffisantes font partie des principaux facteurs à l’origine de l’insécurité alimentaire au Tchad.

 

Près d’un demi-million d’enfants souffrent de malnutrition au Tchad sous diverses formes, parfois très graves. Beaucoup en meurent chaque année ou en gardent des séquelles physiques ou mentales irréversibles faute de traitements. La malnutrition est au Tchad un enjeu de santé publique majeur.  Les résultats de l’enquête SMART 2019 révèlent ainsi que la malnutrition aigüe est stationnaire mais demeure préoccupante, avec un taux de 12,9% de malnutrition aigüe globale (MAG) et 2,9% de malnutrition aigüe sévère (MAS). Au total, 18 provinces sont en situation nutritionnelle alarmante, parmi lesquelles neuf sont en situation critique, avec une prévalence supérieure au taux d’urgence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Concernant la MAS, 13 provinces du pays sont en situation d’urgence, avec une prévalence supérieure au seuil d’urgence de 2%. La crise nutritionnelle est aggravée dans certaines localités par la persistance de l’épidémie de rougeole qui sévit depuis mai 2018, et par d’autres maladies comme le paludisme. Également, (ainsi que) le faible accès à l’eau potable et à l’assainissement favorise les maladies diarrhéiques, de même que le manque de capacités des unités de traitement nutritionnel et l’accès limité ou inexistant aux aliments de base nutritifs et de qualité à cause d'une production erratique. L’indisponibilité et l’inaccessibilité sur les marchés, parfois couplés à des habitudes et pratiques alimentaires inadéquates, fragilisent la santé de la population.

Les mouvements de populations : une crise humanitaire dynamique

Le nombre de déplacés internes a sensiblement augmenté en raison des attaques de groupes armés dans la province du Lac. Au mois d’avril 2020, 298 803 personnes se trouvaient en situation de déplacement. Depuis 2017, ce sont plus de 103 000 personnes qui ont été contraintes de se déplacer à la suite de l’expansion des opérations militaires contre les groupes armés dans la zone insulaire du Lac Tchad. Ces personnes restent déplacées, bien qu’environ la moitié, soit 51 000 personnes, ait tenté de retourner dans leurs villages d’origine mais a dû renoncer à cause de la détérioration de l’environnement sécuritaire manifesté par des attaques à répétition des groupes armés contre les villages en 2019, et par les opérations militaires engagées par le Gouvernement. Ces déplacements ont généré des situations humanitaires complexes, où les violations des droits humains sont régulièrement constatées et les violences sexuelles et basées sur le genre, répandues. 

 

Le Tchad accueille des réfugiés et des retournés en provenance des pays voisins.  Il y a plus de 345 000 réfugiés soudanais arrivés au Tchad il y a plus de dix ans, en raison du contexte sécuritaire au Darfour qui demeure fragile. D’ailleurs, fin 2019 et début 2020, plus de 16 000 personnes ont à nouveau franchi la frontière du Tchad en raison des récents événements au Darfour. De plus, environ 1 200 Tchadiens ont été déplacés de force à la suite de conflits intercommunautaires violents survenus en juin et août 2019 dans la province de Ouaddaï, à l’Est du pays. La majorité de ces personnes sont des femmes et des enfants (87%) ayant des besoins de protection et d'assistance face à une absence d’accès à leurs droits fondamentaux. Des réfugiés centrafricains (95 313 personnes fin décembre 2019) et réfugiés nigérians (13 023 personnes fin décembre 2019) se trouvent encore dans des camps ou sites au Sud du pays et dans la région du Lac et sont dans le besoin d’une aide humanitaire multisectorielle d’urgence. Quelques 77 000 retournés tchadiens continuent de dépendre de l’assistance humanitaire, cinq ans après avoir fui les violences en République Centrafricaine et s'être installés dans des abris d'urgence sur des sites de déplacement2. Le manque d’accès à la documentation civile et à la terre pour ces personnes a parfois entrainé le recours à de mauvais mécanismes d’adaptation, tels que le sexe de survie, la mendicité forcée des enfants, l’exploitation du travail des enfants et leur retrait des écoles.

Les urgences sanitaires : une crise humanitaire récurrente

Les urgences sanitaires affectent près de deux millions de personnes au Tchad en raison du faible accès aux centres de santé, des capacités insuffisantes des structures sanitaires en équipements et personnels qualifiés et de la présence de maladies à potentiel épidémique, dont la rougeole, le choléra, l’hépatite E et la méningite. L’accès limité à l’eau potable (43%) et à l’assainissement (10%) pèse sur la situation sanitaire. Les groupes de population les plus touchés sont les enfants et les femmes enceintes, le pays enregistrant un des taux de mortalité maternelle et infantile les plus élevés au monde : 860 décès pour 100 000 naissances vivantes pour la mortalité maternelle et 72 pour 1 000 naissances vivantes pour la mortalité infantile.  Le paludisme demeure l’une des principales causes de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans, en plus de la malnutrition, avec des pics de cas enregistrés pendant la saison des pluies.  La situation économique des ménages, qui n'arrivent pas à faire face aux coûts des traitements, ainsi que certaines pratiques culturelles aggravent les situations sanitaires.  Depuis mars 2020, le pays est à son tour touché par le COVID-19. En raison des transmissions communautaires, le nombre de cas a rapidement augmenté, de même que la léthalité par rapport aux cas confirmés (supérieure à 8%, soit une des plus importantes du continent), mettant en lumière le manque de capacités des structures sanitaires en réponse à cette pandémie.


[1] INFORM 2020 sur 194 pays.

[2] DTM de l’OIM - 2019

Dernière mise à jour : 2eme trimestre 2020

Prochaine mise à jour : 4ème trimestre 2020