Afrique de l’Ouest et centrale : Derniers événements en bref (24 - 30 mars 2026)
Burkina Faso
En 2025, 500 000 personnes ont bénéficié d'une aide vitale dans les régions du Liptako et du Soum
Le 19 mars, les autorités régionales des régions du Liptako et du Soum ont indiqué, lors de la présentation du rapport annuel sur la mise en oeuvre du Plan national de développement (PND), que 500 000 personnes avaient bénéficié d'une aide alimentaire, d'abris d'urgence, de kits d'hygiène et d'un soutien global destiné aux victimes de violences basées sur le genre. Cette intervention a été rendue possible grâce à la mobilisation de 14,9 millions de dollars par des ONG et des agences des Nations Unies en 2025. Outre le soutien apporté aux activités de résilience et de développement, ce financement a permis une réponse humanitaire d'urgence face aux chocs liés aux déplacements internes. Les régions du Liptako et du Soum sont confrontées à des défis en matière de sécurité, avec environ 967 000 personnes nécessitant une aide en 2026, dont 664 000 ciblées par les partenaires humanitaires.
République démocratique du Congo
Près de 50 000 personnes récemment déplacées dans le territoire de Mitwaba
Entre le 19 et le 23 mars, près de 50 000 personnes ont fui leurs villages dans le territoire de Mitwaba (Haut-Katanga) à la suite d'attaques menées par un groupe armé récemment apparu, selon des sources locales. Nkonga, Lunguji et Watupempe figuraient parmi les localités les plus touchées. Ces incidents font suite à une attaque antérieure attribuée au même groupe début mars dans la région du parc national d’Upemba, au cours de laquelle au moins sept civils auraient été tués, selon les autorités locales. La plupart des personnes récemment déplacées sont hébergées par des familles dans toute la zone sanitaire de Mitwaba, tandis que d’autres ont trouvé refuge dans des écoles et des églises. Les besoins urgents comprennent des abris, de la nourriture, de l’eau et des installations sanitaires, des soins de santé et des services de protection. Avant cette escalade, le territoire de Mitwaba accueillait déjà environ 80 000 personnes déplacées depuis mi-2025, dont beaucoup sans assistance.
République centrafricaine
De fortes pluies provoquent des dégâts et des déplacements dans les préfectures du sud-est
Le 23 mars, de fortes pluies accompagnées de vents violents ont causé d’importants dégâts à Rafaï, dans la préfecture du Mbomou, touchant 110 foyers (environ 350 personnes), parmi lesquels des personnes déplacées internes, des réfugiés et des membres de la communauté d’accueil. Deux bâtiments du lycée privé catholique se sont également effondrés, perturbant l'accès à l'éducation. Le même jour, de fortes pluies ont également laissé près de 30 ménages (environ 150 personnes) sans abri à Nzelété, dans la préfecture de la Basse-Kotto. OCHA coordonne ses efforts avec les autorités locales et les partenaires humanitaires pour évaluer les besoins et soutenir la réponse auprès des communautés touchées.
Niger
Les déplacements prolongés persistent, la majorité des PDI privilégiant l’intégration locale
Les résultats d'une récente enquête menée par le ministère de la Population, de l'Action sociale et de la Solidarité nationale montrent que 89 % des personnes déplacées à l'intérieur du pays (PDI) au Niger préfèrent l'intégration locale et ont l'intention de rester dans les communautés d'accueil, tandis que 11 % ont l'intention de rentrer chez elles. Cela reflète le caractère prolongé des déplacements, 29 % des personnes étant déplacées depuis plus de six ans, notamment en raison des violences perpétrées par des groupes armés non étatiques dans la région de Diffa. Au 31 décembre 2025, les autorités ont recensé 548 386 PDI (101 048 ménages), soit une augmentation de 18 % depuis mars 2025, principalement à Tillabéry (45 %) et à Diffa (32 %). Les déplacements sont dus à l'insécurité liée aux conflits transfrontaliers avec le Mali, le Burkina Faso et le Nigeria, ainsi qu'aux inondations d'origine climatique. Malgré une forte préférence pour l'intégration locale, les progrès sont freinés par des moyens de subsistance limités, des pressions économiques et des problèmes de cohésion sociale au sein des communautés d'accueil. Parallèlement, l'insécurité et les mauvaises conditions dans les zones d'origine font obstacle à des retours en toute sécurité, ce qui laisse penser que le déplacement risque de s'inscrire dans la durée à moyen terme.
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