Cameroun: Extrême-Nord, Rapport de situation No 62 - novembre 2025

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Ce rapport a été produit par OCHA en collaboration avec les partenaires humanitaires. Il couvre la période du 1er au 30 novembre 2025.

FAITS SAILLANTS

  • Près de 2 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère pris en charge, malgré une couverture limitée et des ressources réduites.

  • Plus de 1 000 victimes de violences basées sur le genre ont bénéficié de soins médicaux et de services spécialisés, tandis que 12 survivantes ont reçu une assistance en transfert monétaire pour faciliter leur réinsertion.

  • Au moins 17 000 personnes ont bénéficié de nouvelle infrastructure d’approvisionnement en eau dans les zones affectées par l’insécurité et les inondations.

  • Huit nouveaux districts de santé sont entrés en épidémie de rougeole en novembre 2025.

Plus de 1 300 incidents de protection enregistrés en novembre, avec une concentration dans le département du Logone et Chari et le Mayo-Tsanaga.

CONTEXTE HUMANITAIRE

La région de l’Extrême-Nord continue de faire face à des défis sécuritaires, politiques et climatiques, ayant des impacts significatifs sur les populations et les opérations humanitaires. Plusieurs incidents ont été enregistrés dans les départements les plus affectés, notamment le Mayo -Tsanaga, Mayo-Sava et Logone et Chari. Le 4 novembre, une attaque survenue à Bounderi, le Mayo-Sava, a conduit à d’importantes destructions de biens ainsi qu’à des pertes humaines. Le 12 novembre, un engin explosif improvisé (EEI) a explosé, perturbant les communications dans la zone. Le 11 novembre, deux EEI ont été découverts puis neutralisés à Kerawa dans le Logone et Chari. L’incident le plus meurtrier s’est produit le 26 novembre à Djibrili dans le Mayo-Tsanaga, où une attaque a causé la mort de deux civils, fait deux blessés, et entraîné l’incendie de plusieurs habitations ainsi que le pillage de denrées alimentaires. Ces événements confirment la persistance des menaces liées aux groupes armés non étatiques (GANE) et les risques encourus par les civils.

Dans l’arrondissement de Blangoua, département du Logone et Chari, la montée des eaux du fleuve Chari a continué de menacer plusieurs villages. Selon la Commission communale de préparation et de réponse (CCPR), 4 465 personnes (893 ménages), 130 hectares de champs et des centaines de têtes de bétail sont exposés à un risque d’inondation. Une mission d’évaluation multisectorielle menée le 25 novembre par 18 organisations a confirmé des impacts significatifs sur la sécurité alimentaire, notamment à travers la destruction des champs.

En Novembre, l’accès humanitaire a été fortement limité par les risques sécuritaires et les tensions post-électorales.
Les acteurs humanitaires ont maintenu des mesures de contingence, incluant le télétravail et la limitation des déplacements interurbains.