Bilan de la réponse humanitaire ( janvier - décembre 2025 )
Résumé
De janvier à décembre 2025, la réponse humanitaire au Tchad s'est déployée dans un contexte particulièrement difficile. Une épidémie de choléra déclenchée le 13 juillet a affecté les provinces du Ouaddaï, du Sila, du Guéra, de Hadjer-Lamis et du Barh El Gazel avec 2 979 cas et 167 décès enregistrés, pour un taux de létalité alarmant de 5,61 %.
Cette crise sanitaire s'ajoute à la détérioration de la sécurité alimentaire, aux déplacements forcés de populations causés par les conflits communautaires et l'activisme des groupes armés dans les provinces du Lac et du Sud, ainsi qu'à l'afflux continu des réfugiés et retournés du Soudan vers le Ouaddaï, le Wadi Fira, le Sila et l'Ennedi Est.
Au 31 décembre 2025, le Plan de Réponse Humanitaire n'affichait que 29,9% de financement (435,4 millions USD sur 1,454 milliard requis), en net recul par rapport à 2024 (57%) et 2023 (45%). Cette situation a contraint les acteurs à recentrer leurs efforts sur les interventions vitales, conformément aux trois objectifs stratégiques du HNRP 2025 à savoir :
Objectif Stratégique 1 : D’ici la fin 2025, réduire la mortalité et la morbidité de 5 millions de femmes, de filles, de garçons et d'hommes touchés par une crise dans les provinces les plus affectées, en fournissant une assistance humanitaire d’urgence, sûre et équitable pour sauver des vies.
Objectif Stratégique 2 : D’ici fin 2025, améliorer l’accès sûr, digne et adéquat aux services sociaux de base dans un environnement de protection pour 3 millions de femmes, hommes, filles et garçons les plus vulnérables, particulièrement les personnes à besoins spécifiques, dans les provinces les plus affectées.
Objectif Stratégique 3 : D’ici la fin 2025, les capacités de prévention, de préparation et de résilience aux chocs des femmes, des hommes, des filles, et des garçons dans les groupes les plus vulnérables sont renforcées dans les provinces les plus affectées.
Plusieurs obstacles ont entravé la réponse tout au long de l'année, à savoir :
(1) La réduction inquiétante de la présence humanitaire sur le terrain, liée au gel des financements.
(2) La non-flexibilité de certains financements ralentit les délais d'exécution des projets.
(3) Le niveau de rapportage est faible, ce qui rend difficile l'identification des gaps.
(4) Les ressources sont insuffisantes pour apporter des réponses adéquates aux crises.
(5) Les interventions se chevauchent, ce qui fait apparaître une mauvaise gestion des ressources déjà insuffisante.
(6) La mise à disposition tardive des données statistiques par la partie gouvernementale.
(7) Les contraintes administratives limitent l'accès humanitaire.
(8) La recrudescence de l'insécurité impacte les opérations humanitaires sans pour autant occasionner la suspension de l'aide humanitaire.
(9) La réduction voire la suspension de la desserte des vols UNHAS dans le Lac et dans certaines provinces du pays limite l'accès des acteurs humanitaires aux populations dans le besoin.
Des avancées significatives ont toutefois été observées et sont à saluer. Il s'agit entre autres :
(1) Du renforcement de la coordination autour du gouvernement.
(2) De la réduction du délai de traitement des autorisations de circuler de dix jours à 48 heures.
(3) Du désengorgement des sites d'accueil à travers la relocalisation des réfugiés vers des camps conformes aux standards humanitaires et l'octroi de sites supplémentaires pour les nouveaux réfugiés.
Un suivi régulier et un plaidoyer renforcé restent essentiels pour mobiliser plus des ressources et améliorer l'efficacité des interventions.
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