Tchad : Aperçu des conflits inter/intracommunautaires, Juillet 2024
Aperçu
Au total 26 cas de conflits inter/intracommunautaires ont été rapportés au Tchad, à travers le mécanisme de suivi et d’analyse, au cours du premier semestre 2024 (1er janvier au 30 juin). Les conflits agriculteurs-éleveurs représentent 42%, les conflits intracommunautaires 39% et 19 % sont de conflits fonciers. Le sud reste la zone géographique la plus concernée par les conflits, avec 77% des conflits enregistrés sur l’ensemble du territoire.
Ces conflits ont causé la mort de plus de 100 personnes et environ 90 blessés. Sur les 26 conflits enregistrés, 2 auraient occasionné des déplacements préventifs de près de 2 700 personnes dans le sud et au Lac.
L’on note une baisse du nombre de conflits inter/intracommunautaires rapportés comparé au premier semestre 2023 (37 cas contre 26 en 2024), de même que le nombre de victimes (188 morts contre 111 et 360 blessés contre 88). Il y aurait ainsi eu moins de personnes déplacées à la suite de conflits au premier semestre 2024 comparé à la même période de 2023. Cependant, il est à noter une hausse du nombre de conflits par rapport au deuxième semestre de 2023 (26 cas contre 14) ainsi que le nombre de morts (100 morts contre 40).
Les conflits enregistrés restent marqués par la difficile cohabitation entre les agriculteurs et les éleveurs du fait de la rareté du pâturage et des zones agricoles (conséquences de la démographie et du changement climatique), de l’accès aux polders, de la dévastation de cultures causée par les bœufs, le manque des couloirs de transhumance ainsi que des vols de bétails.
Pour prévenir les conflits inter/intracommunautaires, il convient d’encourager l’usage des mécanismes portés vers des solutions à long terme qui répondent aux besoins de tous les groupes socio-économiques, en terme de disponibilité et d’accès aux ressources naturelles. Par ailleurs, il faudra privilégier des actions de stabilisation et de consolidation de la paix qui prennent en compte la problématique de la transhumance, les mécanismes communautaires de prévention, la résolution des conflits et la protection de la population. Dans plusieurs localités du pays, certaines autorités se sont engagées dans des campagnes d’appels à la tolérance, à la cohésion sociale et à la paix.
Incidents sur l’accès humanitaire :
29 juin à Bendja (environ 20 km sur l’axe principal Goré-Moundou) un conflit agriculteur/éleveur a perturbé les mouvements des humanitaires pendant 72h les empêchant d’accéder au camp des réfugiés de Dosseye (où vivent 15 110 personnes) et à Moundou pour les approvisionnements.
Du 8 au 10 mai, un conflit intercommunautaire a dégénéré dans deux cantons (Mbaissain et Bidanga) à la suite d’un vol de bétails. Cet incident a entraîné la suspension des mouvements des humanitaires durant 2 jours vers les sites des réfugiés de Diba 1 et 2 ainsi que Vom, où vivent environ 3 919 personnes.
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