RD Congo : Flash update #2 - Situation humanitaire dans la province du Sud-Kivu, 26 décembre 2025
Persistance de combats, de déplacements massifs et une nouvelle flambée de choléra dans le Sud-Kivu
Ce rapport est produit par OCHA RDC en collaboration avec les partenaires humanitaires.
FAITS SAILLANTS
- Des déplacements continus de population sont signalés à travers la province.
- Des structures sanitaires et scolaires sont pillées par des acteurs armés.
- Flambée des cas de choléra.
APERCU DE LA SITUATION
Depuis l’annonce du retrait du M23 de la ville de Uvira, le 17 décembre, la situation sécuritaire demeure extrêmement précaire à Uvira, dans les localités avoisinantes et le long de l’axe Uvira–Fizi. Les violences armées se poursuivent, provoquant des déplacements continus.
Par ailleurs, des pillages visant notamment des structures sanitaires et éducatives ont été signalés, compromettant l’accès aux soins et à l’éducation des milliers de personnes. Cette insécurité persistante survient alors que les territoires de Fizi et d’Uvira font déjà face à une recrudescence des cas de choléra.
Territoires d’Uvira et de Fizi
Un climat d’inquiétude persiste dans ces territoires. Selon des sources locales et humanitaires, au moins sept structures de santé dans les zones de santé de Ruzizi (territoire d’Uvira) et de Fizi (territoire de Fizi) ont été pillées et vandalisées, tout comme huit écoles primaires soutenues, par un projet de cantine scolaire par le PAM. Cette situation limite fortement l’accès aux soins de santé et perturbe l’éducation des enfants.
Territoire de Fizi
Depuis le 12 décembre 2025, des combats se sont intensifiés sur plusieurs fronts, poussant de nombreux habitants à fuir leurs villages pour se réfugier dans plusieurs localités des zones de santé de Nundu et Fizi. Parallèlement, environ 270 ménages qui avaient trouvé refuge au Burundi début décembre sont rentrés à Baraka depuis le 19 décembre, principalement en raison d’insuffisance d’assistance et de mauvaises conditions de vie dans leur lieu d’accueil.
Territoire de Kalehe
Des affrontements persistent dans le territoire, entraînant des déplacements continus de populations. Le 19 décembre, de violents combats ont été signalés le long des axes Katasomwa–Ramba ainsi que dans les localités de Kitendebwa, Mbesho, Cinono, Kamano et Kachambe, provoquant d’importants mouvements de population vers Kalehe Centre et six aires de santé de la zone de santé de Kalehe (Luzira, Kasheke, Bushushu, Nyamukubi et Tchofi). Selon des sources locales, plus de 2 600 ménages déplacés ont été enregistrés dans la zone.
Province du Tanganyika
La province voisine du Tanganyika demeure fortement affectée par la détérioration du contexte sécuritaire au SudKivu. À la suite d’une évaluation rapide multisectorielle, menée du 19 au 21 décembre par la Croix-Rouge, avec l’appui de l’UNICEF, près de 28 000 personnes déplacées, en provenance du Sud-Kivu, ont été identifiées dans la zone de santé de Nyemba (territoire de Kalemie). Ces ménages, principalement originaires d’Uvira, Baraka et Makobola, ont fui les violences armées. Cet afflux représente environ 74 % de la population de la communauté hôte (37 735 personnes), exerçant une pression considérable sur les capacités locales.
La plupart sont actuellement hébergées dans des écoles et églises, confrontées aux besoins humanitaires urgents en santé, nutrition, abris, nourriture et eau, hygiène et assainissement.
Mouvement de population
Depuis le 2 décembre, l’escalade du conflit armé dans la province a entraîné le déplacement d’environ 500 000 personnes à travers les zones de santé de Ruzizi, Lemera (territoire d’Uvira), Nundu, Fizi (territoire de Fizi), Kalehe (territoire de Kalehe) ainsi que dans les zones de santé de Nyemba et Kalemie (province du Tanganyika). Ces populations sont logées dans des espaces publics (écoles, églises, etc.), des sites surpeuplés ou au sein de communautés d’accueil déjà fortement sollicitées.
Leurs besoins immédiats incluent notamment la sécurité alimentaire, les abris, les articles ménagers essentiels, la santé, l’eau, l’hygiène et l’assainissement, la protection, etc.
Flambée cas de choléra dans les territoires de Fizi et d’Uvira
Le choléra continue de se propager dans ces deux territoires. Une nouvelle flambée touche les zones de santé de Fizi, Nundu (territoire de Fizi), et Ruzizi, Lemera (territoire d’Uvira), avec au moins 409 nouveaux cas dont huit décès rapportés entre le 14 et 21 décembre (semaine épidémiologique 51), selon des autorités sanitaires. La zone de santé de Ruzizi est la plus affectée, notifiant plus de 290 cas et cinq décès (létalité de 1,7%).
Les capacités de réponse demeurent extrêmement limitées, en particulier dans les zones de santé de Fizi et Nundu, en raison du manque de stocks et du blocage des intrants médicaux essentiels à Uvira et Kalemie, à la suite notamment des contraintes d’accès (logistiques et sécuritaires).
Accès humanitaire
Les contraintes d’accès (sécuritaire, logistiques, administratives) affectent considérablement les activités humanitaires. Entre le 15 et 21 décembre, au moins six partenaires ont dû retarder leurs mouvements sur la route nationale numéro (RN5), en particulier entre Kamanyola et Uvira, en raison de restrictions imposées par les autorités locales et militaires dans le territoire de Walungu.
Dans le territoire d’Uvira, l’absence d’autorités bloque la reprise et la continuité des opérations humanitaires, faute d’interlocuteurs légitimes pour coordonner les mouvements.
Par ailleurs, la présence d’acteurs armés à Munene et Makobola limite fortement l’acheminement de l’aide, surtout vers le territoire de Fizi.
Dans le territoire de Kalehe, la fermeture de la RN3 (axe Miti–Bitale) depuis le 15 novembre, à la suite d’affrontements dans le Parc de Kahuzi-Biega, affecte plus de 216 000 déplacés. Ces populations sont privées d’assistance. Les structures sanitaires connaissent notamment des ruptures de médicaments, faute d’approvisionnement et de restriction d’accès. Les aires de santé d’Irangi, Hombo Sud et Itebero sont les plus touchées.
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