République démocratique du Congo - Flash Update #2: De graves inondations affectent 18 provinces, Mis à jour au 6 février 2024

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FAITS SAILLANTS

• Près de 300 personnes sont décédées à la suite des inondations

• Plus de 433 000 ménages affectés dans 18 provinces

• Poursuite des évaluations dans les provinces affectées

• 2 millions de dollars de l’USAID en appui à la réponse d’urgence

APERÇU DE LA SITUATION

Les fortes pluies qui ont débuté en mi-novembre 2023 se sont intensifié jusqu’au mois de janvier 2024, provoquant des inondations majeures dans au moins 181 des 26 provinces de la République démocratique du Congo (RDC). Selon une évaluation récente de la FAO, les provinces les plus durement touchées sont l'Équateur, le Kongo Central, le Lualaba, la Tshopo, le Nord-Ubangi, le Sud-Ubangi, le Tanganyika et le Mai-Ndombe.

Plus de 1,6 million d'hectares de terres cultivables ont été submergés, affectant gravement les moyens de subsistance des populations locales qui dépendent de l'agriculture pour se nourrir. Le rapport de la FAO souligne que le mois de janvier est une période cruciale pour la production agricole en RDC. Les inondations risquent d'impacter la production de cultures vivrières essentielles telles que le riz, le maïs et le manioc, menaçant la sécurité alimentaire de millions de personnes.

Au 2 fevrier, les acteurs humanitaires estiment à plus de 433 000 ménages, soit 2,19 millions de personnes, le nombre de personnes touchées.

Des évaluations menées jusqu'à présent par des partenaires humanitaires dans certaines provinces, notamment le Sud-Kivu, la Tshopo et la capitale Kinshasa, fournissent une estimation approximative de l'ampleur de la crise :

  • À Kinshasa, plus de 11 000 ménages (soit environ 79 000 personnes) ont été touchés. Les acteurs humanitaires ont recommandé des interventions d'urgence, telles que le transfert monétaire à usage multiple, pour répondre aux besoins des populations affectées.

  • Dans le Sud-Kivu, plus de 20 460 personnes (3 410 ménages) ont perdu leurs biens essentiels et vivent dans des conditions précaires dans le territoire de Kalehe. De plus, 15 000 personnes sinistrées vivent soit avec des familles d'accueil, soit dans des centres collectifs dans le territoire d’Uvira, tandisque plus de 5 000 autres personnes sont sinistrées dans le territoire de Mwenga.

  • Dans la province de la Tshopo, 20 des 23 zones de santé ont été touchées par des inondations, entraînant le déplacement de plus de 270 000 personnes. Sept parmi les zones de santé inondées sont également confrontées à des violences armées.
    Les besoins sont immenses dans tous les domaines. Des milliers de familles ont tout perdu. La promiscuité dans les zones touchées accroît les risques épidémiologiques. La fourniture de nourriture, d'abris, de l'eau et de soins de santé est une priorité absolue.
    Le gouvernement congolais a développé un plan de réponse sur trois mois, actuellement en cours de discussions avec les partenaires humanitaires. Les discussions avec le Gouvernement sur l'identification des zones prioritaires, des besoins les plus urgents en fonction des capacités de réponse sectorielle sont achevées.

Le 1er février, le Gouvernement des États-Unis a annoncé une contribution de 2 millions de dollars à l'ONG ACTED, par le biais du Bureau de l'assistance humanitaire de l'USAID, pour répondre aux besoins les plus urgents des populations touchées par les inondations dans les provinces du Nord Ubangi et de la Tshopo.

Ce financement servira à fournir des articles ménagers, des abris, de l'eau et de la nourriture à 7 000 ménages, soit 44 800 personnes, dans les deux provinces. Les provinces de la Tshopo et du Nord-Ubangi sont parmi les plus touchées, avec respectivement 601 000 personnes et 1 413 500 personnes affectées La Banque mondiale a, pour sa part, accordé un financement de 400 000 dollars pour soutenir l'OMS dans sa réponse en matière de santé dans le cadre des inondations. Le Centre des opérations d'urgence en santé publique (COUSP) de l'OMS apporte son soutien au ministère de la Santé dans la coordination de la réponse en matière de santé.

Le gouvernement a alloué une aide d'urgence de 1,5 million de dollars américains pour l'assistance alimentaire et non alimentaire aux familles sinistrées de la ville de Kinshasa, de Kananga (Kasai central) et de Mbandaka (Mai-Ndombe).

De plus, la République de Chine a fait un don de 2 000 tonnes de riz et une enveloppe de 100 000 dollars pour soutenir les familles affectées.

Dans les pronvices affectées par les inondations, la réponse humanitaire est confrontée à plusieurs défis, notamment la faible présence des partenaires dans les zones touchées et une capacité limitée de réponse due au manque de ressources.