Haiti - Aperçu de la sévérité de l'accès humanitaire de septembre à décembre 2025 (janvier 2026)
Entre septembre et décembre 2025, l’accès humanitaire en Haïti est demeuré fortement affecté par une combinaison de facteurs sécuritaires, logistiques et liés à l’acceptation. 1,1 million de personnes dans le besoin vivent dans des zones de sévérité 3 et 1,4 million dans des zones de sévérité 2. Le nombre de communes en sévérité d’accès 3, qui est le plus élevé, est passé de 10 à 14 durant la période mai-août 2025 à septembre-décembre 2025.
Durant la même période, l’expansion de la violence au sein du département de l’Artibonite s’est poursuivie, entraînant des incidents répétés d’insécurité et de déplacements dans des localités telles que Pont-Sondé, Montrouis et L’Estère, situés le long de la RN1. Ces dynamiques ont exercé une pression accrue sur les services de base dans les communautés hôtes, notamment à Saint-Marc, où la saturation des services a alimenté des tensions communautaires. Dans plusieurs cas, les populations ont procédé au blocage d’axes routiers clés et formulé des revendications en faveur d’un meilleur accès aux services dans les sites de déplacés internes, affectant directement les mouvements humanitaires et les chaînes d’approvisionnement.
L’accès le long de l’axe RN1 reliant Port-au-Prince à Gonaïves est resté particulièrement difficile en raison de blocages récurrents, notamment à Montrouis et Pont-Sondé, perturbant de manière significative le transport humanitaire et les déplacements du personnel.
À Port-au-Prince, au cours de cette période les acteurs armés ont limité ponctuellement les opérations humanitaires tandis que la militarisation accrue de la violence a renforcé les risques opérationnels pour les acteurs humanitaires, plusieurs organisations ayant signalé des situations d’exposition à des tirs croisés ou des dégâts collatéraux lors d’opérations de sécurité. Les enlèvements ont continué de représenter un risque majeur, en particulier pour le personnel national dans leur quartier de résidence en dehors des heures de travail.
Dans le département du Centre, la fermeture persistante de l’axe RN3 entre Port-au-Prince et Mirebalais a contraint les acteurs humanitaires à recourir à des itinéraires alternatifs et à investir dans des modalités d’accès alternatives afin d’atteindre les populations dans le besoin, y compris les personnes déportées à Belladère. Plus largement, les contraintes d’accès dans le Centre ont limité la capacité des personnes déportées à rejoindre leurs zones d’origine ou d’autres régions du pays en toute sécurité, exerçant une pression supplémentaire sur les services et les communautés hôtes à Belladère et dans les communes avoisinantes.
La fermeture de l’axe RN2 reliant la capitale au Grand Sud a également constitué une contrainte majeure d’accès. Cette situation a entraîné une augmentation significative des coûts opérationnels, une grande partie de l’aide devant être acheminée par voie maritime, rendant l’accès humanitaire pour les organisations locales particulièrement coûteux et, dans certains cas, difficilement soutenable. Ces difficultés ont été aggravées par le passage de l’ouragan Melissa, qui a accentué les contraintes logistiques et les dommages aux infrastructures.
Dans plusieurs départements, le mauvais état des infrastructures routières a continué de compliquer les opérations humanitaires, affectant la rapidité, le coût et la portée de l’assistance.
Enfin, l’acceptation humanitaire est demeurée fragile. Une compréhension insuffisante des principes et de l’action humanitaire de certaines autorités, groupes d’autodéfense et segments de la population a continué d’affecter l’environnement opérationnel, contribuant aux contraintes d’accès et à l’augmentation des risques de protection pour les acteurs humanitaires.
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